Sans le savoir, un historien de l’art possédait un chef-d’œuvre acheté 80 euros

Publié le par Lise Lanot

© George Mavroedis/Christopher Wright

Achetée il y a cinquante ans, la toile serait un portrait original signé du peintre flamand Antoine Van Dyck, valant en réalité 50 000 euros.

Cela faisait cinquante ans que ce portrait d’Isabelle-Claire-Eugénie d’Autriche, infante d’Espagne, toisait, chez lui, l’historien de l’art Christopher Wright. Le spécialiste britannique s’était offert le tableau qu’il avait toujours pensé être une copie d’une œuvre d’Antoine Van Dyck pour 65 livres Sterling (près de 80 euros) en 1970.

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Réputé pour avoir repéré plusieurs chefs-d’œuvre non identifiés dans les collections d’autrui, Christopher Wright n’avait apparemment pas posé sa célèbre expertise sur ses propres possessions. Il a fallu l’œil extérieur d’un de ses amis, Colin Harrison, conservateur de l’art européen au Ashmolean Museum d’Oxford, en visite chez lui, pour qu’il se rende compte de la pépite qui se trouvait sous son toit.

Anthony van Dyck, Portrait d’Isabelle-Claire-Eugénie d’Autriche, entre 1628 et 1632. (© George Mavroedis/Collection de Christopher Wright)

Face au portrait de l’infante en habit de nonne (signe de son deuil, après la mort de son époux, l’archiduc Albert VII d’Autriche, note Artnet), Colin Harrison semblait catégorique : la "copie" serait une toile originale d’Antoine Van Dyck, peintre flamand du XVIIe siècle et disciple de Rubens. Ce sont les mains, parfaitement placées et représentées, qui ont convaincu le conservateur qu’il ne s’agissait pas d’une énième réplique.

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Ni une, ni deux, Christopher Wright a envoyé l’œuvre à la Courtauld Gallery afin que ses spécialistes l’expertisent. Leur analyse, rapportée par le Guardian, corrobore l’instinct de Colin Harrison : "La maîtrise [du trait de l’œuvre] nous amène à provisoirement émettre l’idée que [le tableau] peut être attribué à l’atelier de Van Dyck et qu’il aurait été achevé de son vivant et sous sa supervision."

De l’ombre à la lumière

En véritable amoureux d’art, Christopher Wright ne veut pas garder son chef-d’œuvre pour lui mais bien l’offrir aux yeux du plus grand nombre – bien qu’il estime que le portrait ait une valeur d’environ 40 000 livres Sterling (près de 50 000 euros).

L’historien de l’art a annoncé le prêter au Cannon Hall de Barnsley, un musée spécialisé dans la peinture flamande du XVIIe siècle. Restée discrète ces cinquante dernières années, Isabelle-Claire-Eugénie va enfin connaître la lumière des projecteurs.

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