Les lutteurs indiens et leur quotidien mystique documentés dans une série poétique

Publié le  

par Lise Lanot

Le photographe Douglas Irvine s'est intéressé au kushti, une forme de lutte traditionnelle indienne captivante.

C'est par hasard que le photographe Douglas Irvine est tombé sur un akhara, alors qu'il séjournait à Varanasi, dans le nord de l'Inde. Hypnotisé par cet endroit où se déroulent des combats d'une forme de lutte ancestrale, le kushti, le photographe a demandé l'autorisation aux athlètes d'immortaliser leur lieu et leur pratique.

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En plus d'être impressionné par l'aspect physique du kushti (le combat est intense, les lutteurs sont couverts d'huile avant d'être aspergés de sable), Douglas Irvine a été ébloui par la dimension spirituelle de la pratique et de tout ce qui l'entoure.

"Tout l'équipement est fait à la main. L'endroit lui-même offrait un contraste total par rapport à la ville qui s'ouvrait juste derrière ses murs. Si paisible. Pour moi, la pratique du kushti semble se rapprocher de la pratique du bouddhisme, autant physiquement que mentalement. Le langage est d'ailleurs le même, puisqu'un 'akhara' désigne aussi un temple religieux", écrit le photographe pour AnOther Magazine.

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Une pratique en déclin

L'impulsion de photographier ces hommes et leur "temple" physique a été accélérée par le sentiment d'urgence qui semblait hanter l'akhara : 

"Cet akhara était sur le point de fermer. Je lisais des études sur le fait que la hausse de la consommation d'alcool chez les jeunes Indiens contribuait au déclin du sport. En parallèle, les salles de sport modernes (qui ressemblent à celles qu'on connaît en Occident) devenaient de plus en plus populaires. Je me disais qu'il était important de tout documenter avant que cela ne disparaisse."

Une symphonie de mouvements

Les teintes profondes de ses photographies en noir et blanc rendent hommage à l'intemporalité du lieu et au caractère sacré qui l'habite. Décidé à prendre son temps pour ce projet, Douglas Irvine a donné une place de choix au mouvement des corps et des muscles, ne se laissant pas intimider par le flou ou l'imprécision. 

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Le projet devait rester personnel mais des problématiques bien terrestres ont rattrapé le photographe. Ce dernier a décidé de commercialiser son ouvrage afin d'"aider comme [il] le peu[t]" des associations caritatives luttant contre la propagation du Covid-19 – qui a durement touché le pays. Tous les bénéfices sont reversés à l'Oxfam Inde, à la Croix-Rouge de l'Inde et à Mission Oxygen.

Le livre Akhara de Douglas Irvine est disponible ici.

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