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À Chicago, deux statues de Christophe Colomb déboulonnées par la mairie

Publié le

par Astrid Van Laer

"Cela fait du bien de voir la statue tomber."

Peu avant l’aube ce vendredi, deux statues de l’explorateur Christophe Colomb ont été déboulonnées "temporairement" à Chicago à la demande de la maire de la ville. Celle-ci s’est dite inquiète des confrontations autour des monuments à la gloire de ce personnage de plus en plus contesté aux États-Unis. Et ce, "jusqu’à nouvel ordre".

En plein milieu de la nuit, des ouvriers municipaux ont retiré à l’aide d’une grue une statue enveloppée dans une bâche blanche, située dans le parc Grant. "Cela fait du bien de voir la statue tomber", a déclaré Brenda Armenta, une habitante de Chicago venue assister à la scène. "Les gens réalisent qu’on nous a dit des mensonges pour nous opprimer", a-t-elle ajouté.

Longtemps présenté comme "le découvreur de l’Amérique", Christophe Colomb est désormais associé par certain·e·s aux exactions commises par les Européen·ne·s envers les Amérindien·ne·s. Une seconde statue du navigateur génois a également été déboulonnée dans le quartier italien de la troisième ville des États-Unis. Les autorités n’ont pas précisé où ont été transportées les statues.

Ces retraits ont été ordonnés par la maire démocrate Lori Lightfoot "en réponse aux manifestations qui sont devenues dangereuses pour les manifestants et la police, mais aussi à cause des efforts individuels" pour faire tomber la statue.

Plusieurs affrontements

Défenseur·se·s et détracteur·rice·s de Christophe Colomb se sont affronté·e·s au pied de la statue de Grant Park à plusieurs reprises. La mort de George Floyd, un Afro-Américain asphyxié par un policier blanc le 25 mai à Minneapolis, a ouvert un débat dans tous les États-Unis sur le racisme et ses fondements historiques.

Cet examen de conscience a entraîné le déboulonnage de plusieurs statues de personnages liés à l’esclavage ou à l’oppression des minorités. Des statues de Christophe Colomb ont été retirées à Baltimore, Boston ou San Francisco, mais le président républicain Donald Trump, qui voit dans ces actions l’œuvre "d’anarchistes", a volé au secours de l’explorateur.

"Nous nous battrons ensemble pour le rêve américain et nous défendrons, protégerons, et préserverons le mode de vie américain qui a commencé en 1492 quand Christophe Colomb a découvert l’Amérique", a-t-il déclaré lors de son discours pour la fête nationale, le 4 juillet.

La décision de Lori Lightfoot pourrait augmenter les tensions avec la Maison-Blanche qui a déjà décidé d’envoyer, contre l’avis de la maire, des policiers fédéraux en renfort à Chicago, où la criminalité est en forte hausse depuis quelques semaines.

Konbini avec AFP.

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