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À Londres, une statue anticolonialiste exposée à Trafalgar Square

Publié le

par Donnia Ghezlane-Lala

© Samson Kambalu/Photo : James O Jenkins/Bolton & Quinn/AFP

Pour témoigner "des récits cachés des personnes sous-représentées dans l’histoire de l’Empire britannique, en Afrique et au-delà."

Une sculpture anticolonialiste puis des moulages de personnes transgenres dénonçant les meurtres transphobes trôneront à partir de 2022 sur l’un des socles de la célèbre place londonienne de Trafalgar Square, où se succèdent les œuvres d’art, a annoncé la mairie de la capitale britannique.

Antelope, de l’artiste Samson Kambalu, originaire du Malawi et vivant à Oxford, reproduit en sculpture une photographie de 1914 représentant le pasteur baptiste John Chilembwe, à l’origine d’un soulèvement raté en 1915 contre le régime colonial britannique au Malawi.

Chilembwe porte un chapeau, ce qui était interdit pour les Africain·e·s à l’époque face aux Blanc·he·s, et il est représenté plus grand que nature, dominant le missionnaire John Chorley, afin de mettre en exergue "les récits cachés des personnes sous-représentées dans l’histoire de l’Empire britannique, en Afrique et au-delà", explique le communiqué de la mairie.

Samson Kambalu, Antelope. (© James O Jenkins/Bolton & Quinn/AFP)

La sculpture sera exposée à partir de 2022 sur le quatrième socle de la célèbre place londonienne de Trafalgar Square, connue pour accueillir temporairement des œuvres d’art contemporaines depuis 1998. Elle cédera la place en 2024 à 850 Improntas (850 Imprits) de l’artiste mexicaine Teresa Margolles, qui met en scène des moulages de 850 personnes transgenres de Londres et d’ailleurs, arrangés comme un Tzompantli, structure où étaient empilés les crânes humains en Mésoamérique.

Cette œuvre, qui met en lumière le meurtre de ces personnes notamment en Amérique latine, insiste sur "la liberté et les droits de tous les êtres humains", a souligné l’artiste dans un communiqué de presse. Le quatrième socle accueille jusqu’en septembre 2022 la sculpture de l’artiste britannique Heather Phillipson, intitulée The End, qui représente une cerise géante surplombant un monticule de crème fouettée, une mouche et un drone, évoquant "l’arrogance et l’effondrement imminent".

Avec AFP.

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