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Au musée sous-marin d’Alonissos, "on plonge dans l’histoire"

Publié le

par Donnia Ghezlane-Lala

© David Henrichs/Unsplash

Ce musée grec permet de plonger à près de trente mètres de profondeur pour découvrir des trésors enfouis.

Ici, "on plonge dans l’histoire", s’exclame un touriste autrichien après sa plongée sur le site du naufrage de Peristera. À près de trente mètres de profondeur dans la mer Égée, le musée sous-marin, "mélange de plongée et d’archéologie", attire une autre forme de tourisme.

Ce jour-là, sept plongeur·se·s enfilent leur combinaison sur le Triton, le bateau qui les mène tout droit vers les côtes de Peristera, un îlot à quelques encablures de l’île égéenne d’Alonissos. Hans-Jürgen Fercher, 48 ans, se prépare à entamer sa quatrième descente à la redécouverte de ce trésor enfoui. "C’est une légende ici", sourit Dias, l’un des coordinateurs du centre de plongée Triton.

Quinze minutes après, les explorateur·rice·s se jettent à l’eau et se lancent dans la descente périlleuse, sous les conseils avisés de leurs superviseur·se·s. Les restes de ce naufrage se trouvent à près de trente mètres au fond de la mer Égée, rendant la plongée difficile et technique.

Sous leurs palmes, plus de 4 000 amphores reposent dans le sable depuis presque 2 500 ans. Cette collection constitue le premier musée sous-marin de Grèce, ouvert au cours de l’été 2020. "C’est vraiment un site spécial et unique car c’est un mélange de plongée et d’archéologie : on plonge dans l’histoire", déclare à l’AFP M. Fercher, après être sorti de l’eau.

"Nous ne sommes pas simplement au milieu d’un écosystème marin avec des coraux, on observe les restes d’une ancienne civilisation", se réjouit également Lisette Frevelund, une touriste danoise, peu après l’expédition sous-marine. Venu spécialement pour voir l’épave, le Grec George Giasemidis "avait de nombreuses attentes après la réunion préparatoire. La plongée a répondu à chacune d’entre elles", confie-t-il à l’AFP.

Visiter l’épave… en réalité virtuelle

Le site du naufrage n’est accessible qu’aux plongeur·se·s confirmé·e·s. Il y a donc peu d’élu·e·s pour goûter au tourisme sous-marin, mais la ville propose une alternative virtuelle pour plonger à la découverte du site archéologique. Il suffit de quitter le port et de se rendre dans le vieil Alonissos où, guidé·e·s par quelques pancartes, les visiteur·se·s trouvent au milieu des maisons traditionnelles le musée d’Alonissos qui propose, via un casque de réalité virtuelle, de découvrir les traces du temps déposées au fond de la Méditerranée.

Dans la salle, deux touristes tournent sur eux-mêmes, baissent la tête, lèvent et tendent le bras. Sur les écrans, on suit leur parcours au milieu des amphores, comme s’ils y étaient. Avec l’ouverture du musée sous-marin de Peristera et l’espoir de rendre quatre autres épaves proches accessibles aux plongeur·se·s du monde entier, l’île d’Alonissos compte devenir une destination incontournable pour les amateur·rice·s de plongée.

"Nous voulons proposer une autre forme de tourisme aux personnes qui viennent sur l’île. Je ne veux pas d’un tourisme intensif qu’on peut voir ailleurs", déclare à l’AFP Petros Vafinis, maire d’Alonissos, qui aime plonger avec les touristes venu·e·s de différents pays d’Europe.

"Un safari sous-marin"

"Nous sommes très enthousiastes à l’idée d’ouvrir d’autres sites comme celui de Peristera dans les deux prochaines années et de pouvoir développer un safari sous-marin", se réjouit Kostas Efstathiou, copropriétaire de l’Alonissos Triton Dive Center.

Le gouvernement grec a fait le pari de développer le "tourisme de plongée". Il a décidé de s’adresser à une "audience spéciale qui paie généreusement pour plonger et choisit sa destination en fonction des différentes options de plongée", souligne le ministre grec du Tourisme Harry Theoharis.

"Notre pays a beaucoup de curiosités touristiques" pour la plongée, se félicite-t-il, précisant à l’AFP qu’une dizaine de parcs sous-marins ont déjà obtenu un permis de pratiquer ce type de tourisme en Grèce. Épaves, mais aussi réserves naturelles et projets de "récifs artificiels pour créer la vie, la flore, la faune et devenir des curiosités naturelles pour la plongée", ajoute le ministre.

Alonissos fait partie d’un parc protégé de la faune marine depuis trente ans. Parmi les espèces protégées, le célèbre phoque moine. En voie de disparition dans le monde, une grande communauté de ces phoques réside sur les plages d’Alonissos, où ils peuvent vivre sereinement. Avec un peu de chance, sans même plonger, les touristes peuvent tomber nez à nez avec l’un de ces êtres marins, en train de rêvasser sur la plage.

Avec AFP.

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