AccueilArt contemporain

Avis aux noctambules : la Nuit Blanche 2020 aura bien lieu ce week-end

Publié le

par Lise Lanot

© Françoise Pétrovitch

Une soixantaine d'installations seront visibles, encadrées par des mesures de distanciation physique et le port du masque.

La Nuit Blanche, qui célèbre chaque automne l’art contemporain à travers les rues de Paris, a été maintenue malgré la situation sanitaire actuelle. Elle se déroulera dans la nuit du samedi 3 au dimanche 4 octobre avec des jauges, des masques et le plus possible en extérieur.

Bien loin du million et demi de Parisien·ne·s et Francilien·ne·s qui avaient joyeusement déambulé lors la nuit de la précédente édition, les jauges limitées à 1 000 personnes devraient conférer à la fête une tout autre atmosphère, plus sobre, sans foule.

Anne-Charlotte Finel, "Gerridae", capture vidéo, 2020. (© Galerie Jousse Entreprise)

Dans certains lieux, une préréservation est même recommandée. Les "déambulations" en extérieur se feront par "groupe de dix maximum", selon la mairie, qui précise qu’elle mettra des moyens humains pour éviter tout attroupement. Pour Carine Rolland, nouvelle adjointe à la Culture de la Ville de Paris, cette Nuit Blanche est "exceptionnelle", "tout d’abord parce qu’elle se tiendra".

"Découvrir d’autres sens"

Épidémie oblige, le masque sera obligatoire et les mesures de distanciation physique devront être respectées partout. "Les règles sanitaires ne doivent pas nous empêcher d’avoir le plaisir des yeux, des oreilles", a déclaré la maire de Paris, Anne Hidalgo, en présentant cette manifestation phare. "Peut-être que l’on va découvrir d’autres sens", a-t-elle ajouté.

Gaëlle Choisne, "Sketch 1-MAM", dessin préparatoire pour l’installation "Temple of Love-Affirmation", peinture et danseur de voguing. (© ADAGP, 2020)

Les directeurs et directrices de quatre musées – le Petit Palais, le musée Zadkine, le musée Bourdelle et le musée d’Art moderne – ont sollicité une vingtaine d’artistes et privilégié les extérieurs pour proposer une "flânerie" ponctuée de sculptures, d’installations et de performances. Le tout petit musée Zadkine ou l’allée extérieure de la Villa Vassilieff (qui accueille l’installation vidéo de l’artiste Jumana Emil Abboud) ne pourront recevoir que quelques dizaines de personnes à la fois. Deux parcours sont prévus, entre le musée Bourdelle et la Grande Mosquée de Paris rive gauche, et entre le Petit Palais et le musée d’Art moderne rive droite.

La balade commencera dans les jardins du Petit Palais, où l’artiste Françoise Pétrovitch suspendra une de ses installations au-dessus du bassin central. Dans le jardin voisin des Champs-Élysées, on pourra voir l’installation interactive de l’artiste qatarienne Ghada Al Khater, qui utilise les nouvelles techniques d’animation pour donner vie à un tapis persan.

Françoise Pétrovitch, "Se laisser pousser les animaux". (© Hervé Plumet, Sylvain Prunenec/ADAGP, Paris 2020/Courtesy Semiose)

De Clichy-sous-Bois à Rueil-Malmaison

Au total, vingt installations sont prévues à l’extérieur des musées et 42 propositions "off" seront faites hors les murs. Onze lieux dispersés dans le Grand Paris – de la Maison populaire à Montreuil aux Ateliers Médicis à Clichy-sous-Bois et Montfermeil, en passant par Aubervilliers, Clichy-la-Garenne, Gentilly, Nanterre, Nogent-sur-Marne, Rueil-Malmaison et Vitry-sur-Seine, Les Lilas, Sèvres, Romainville ou Courbevoie – seront reliés entre eux et à la capitale par un système de navettes.

Cette 19e édition se tiendra dans une atmosphère bien différente de la précédente, qui avait proposé un défilé de chars entre Concorde et Bastille, deux boucles sportives pour les joggeur·se·s et marcheur·se·s et la fermeture d’une portion du périphérique transformée en vélodrome.

"Maskouneh (Inhabité)", 2017. (© Jumana Emil Abboud et Issa Freij)

Laurent Grasso, "Pulka Karinya", 2018. (© Claire Dorn/Galerie Perrotin)

Avec AFP.

À voir aussi sur arts :