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Comment un chantier controversé a révélé de rares statues romaines

Publié le

par Donnia Ghezlane-Lala

© Vlad Kutepov/Unsplash

Les archéologues pensent avoir trouvé le site d’un mausolée romain.

Les archéologues travaillant sur le chantier du projet controversé High Speed Two (HS2), une ligne ferroviaire à grande vitesse qui reliera Londres au nord du Royaume-Uni, ont découvert une série "unique" de statues et autres artefacts romains.

Trois statues en pierre ont été découvertes sous une église médiévale de Stoke Mandeville (au nord-ouest de Londres), dans ce que les chercheur·se·s pensent être le site d’un mausolée romain. Ces deux statues d’adultes, dont on a retrouvé la tête et le corps, et une partie – la tête – de celle d’un enfant, constituent une découverte "remarquable", ont souligné les archéologues dans un communiqué de presse.

"Terminer les fouilles avec ces découvertes tout à fait étonnantes est plus qu’excitant", s’est enthousiasmée Rachel Wood, une responsable des fouilles. "Les statues sont exceptionnellement bien conservées et vous avez vraiment une idée des personnes qu’elles représentent", estime l’archéologue, pour laquelle "regarder littéralement les visages du passé est une expérience unique".

Selon les archéologues, le bâtiment carré où ont été retrouvées les pièces pourrait être un mausolée romain, possiblement utilisé pendant la période saxonne puis détruit par les Normands, qui ont bâti par-dessus l’église St Mary. "Bien sûr, cela nous amène à nous demander ce qui pourrait encore être enterré sous les églises de villages médiévaux anglais", souligne Mme Wood.

Pour Mike Court, un archéologue employé par HS2, ce "programme sans précédent" a donné "un nouvel aperçu de l’histoire du Royaume-Uni, fournissant des preuves de l’endroit ou de la manière dont vivaient nos ancêtres". Selon lui, ces statues ne constituent qu’une partie des "incroyables artefacts découverts" sur les chantiers du projet.

Les travaux du projet HS2, la deuxième ligne de trains à grande vitesse du Royaume-Uni et la première à desservir le nord de Londres, ont commencé en avril 2020. La ligne doit relier la capitale britannique aux grandes villes du centre et du nord du territoire.

Mais ce colossal chantier est contesté à la fois pour son coût astronomique (qui pourrait dépasser les 106 milliards de livres Sterling), ses retards à répétition et son impact potentiel sur l’environnement. Le gouvernement affirme, quant à lui, que HS2 permettra de désenclaver des régions délaissées.

Les trouvailles provenant du chantier, qui comprennent aussi une cruche romaine en verre "incroyablement" bien conservée et plusieurs poteries saxonnes, vont être transportées dans un laboratoire spécialisé où elles seront nettoyées et examinées. Leur destination finale n’a pas encore été déterminée.

Konbini arts avec AFP

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