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Déjà moquée pour son kitsch, une statue roumaine est au cœur d’une polémique

Publié le

par Donnia Ghezlane-Lala

© Grant Faint/Getty Images

Une belle supercherie à plusieurs millions d’euros.

Connue auparavant pour ses qualités artistiques discutables, une statue du centre de Bucarest défraye désormais la chronique parce que son sculpteur aurait remplacé le noble bronze par du vulgaire laiton. Selon un porte-parole de la police interrogé par l’AFP lundi 15 février, l’artiste Ioan Bolborea est poursuivi pour escroquerie à hauteur de 18 millions de lei (3,7 millions d’euros) : il aurait livré onze sculptures à la capitale roumaine en utilisant ce matériau beaucoup moins cher.

L’une de ses statues, réalisée à partir d’une maquette de l’artiste Vasile Gorduz (mort en 2008), avait suscité les quolibets lors de son installation en 2012 sur les marches du musée national d’histoire de Roumanie, en plein cœur de la capitale. Les Roumain·e·s avaient raillé le kitsch de cette œuvre de commande, qui représentait l’empereur romain Trajan entièrement nu et tenant maladroitement une louve dans les bras.

Le monument censé être en bronze devait symboliser la genèse du peuple roumain, issu d’une symbiose dans l’Antiquité entre les Romain·e·s et les Daces, deux peuples pour lesquels cet animal était emblématique. Mais il avait fait l’unanimité contre lui. L’œuvre avait été baptisée par les internautes Nudiste avec chien, ou encore décrite comme une "représentation du centurion Biggus Dickus", en référence aux Monty Python.

La queue du canidé avait été volée en 2017 et c’est en faisant restaurer l’œuvre que la mairie avait découvert la supercherie. Sollicité par l’AFP, M. Bolborea n’a pas répondu aux déclarations de la police.

Avec AFP.

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