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Des cyber-criminels ont tenté d’arnaquer une galerie italienne et ses clients

Publié le

par Lise Lanot

L’augmentation des transactions virtuelles facilite les arnaques dans le monde de l’art.

Des cyber-criminels ont tenté d’arnaquer une galerie italienne et ses clients

© Grant Faint/Getty Images

Début janvier, des escrocs ont réussi à se faire passer pour la direction d’une célèbre galerie d’art romaine auprès d’un collectionneur allemand, qui préfère rester anonyme. En changeant simplement un chiffre de l’adresse courriel de la galerie ("t293t.it" au lieu de "tt292.it"), l’équipe a monté ce qu’on nomme une "attaque de l’homme du milieu". Il s’agit d’une arnaque où une entité s’infiltre dans une communication entre deux parties sans qu’aucune des deux ne s’en rende compte.

Ainsi, les arnaqueur·se·s ont presque réussi à convaincre le collectionneur d’acheter deux œuvres signées de l’artiste star Anna Park pour 30 000 dollars. Cela faisait "deux ou trois ans" qu’il tentait de "mettre la main" sur une de ses œuvres, rapporte ArtnetC’est ce qui a fini par lui mettre la puce à l’oreille, l’aubaine paraissait trop belle pour être vraie.

Une affaire trouble

Le passionné allemand n’est pas le seul à s’être fait berner. Au total, "19 individus" auraient été contactés par les escrocs, selon la galerie italienne. Une consultante en art états-unienne rapporte avoir été contactée par la fausse adresse concernant trois œuvres du peintre Trey Abdella pour 28 500 dollars. En 2020, la galerie lui affirmait qu’aucune œuvre de l’artiste n’était disponible.

Suspicieuse face à ce retournement de situation, la spécialiste a vu ses doutes se confirmer en voyant une facture de la prétendue galerie dont une adresse bancaire renvoyait en Californie. La mention de Trey Abdella l’interroge cependant quant à la façon dont les bandits ont connu son intérêt pour l’artiste : auraient-ils piraté le compte de la galerie sans laisser de trace, auraient-ils tenté un coup de poker ? 

Le collectionneur allemand et la spécialiste états-unienne rapportent n’avoir reçu aucune aide de la part de la galerie et même avoir été bloqué·e·s sur Instagram. Le premier a récupéré son argent en bloquant son compte tandis que la seconde n’avait rien payé. L’enquête est toujours en cours tandis que les arnaques se multiplient dans un monde de l’art où les transactions virtuelles et ventes de crypto-art sont de plus en plus nombreuses.

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