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Des scientifiques ont découvert d'où viennent les pierres de Stonehenge

Publié le

par Louise Leboyer

© Booke Bell/Unsplash

400 ans après les premières recherches, on sait d'où vient la pierre du mystérieux monument mégalithique.

Érigé autour de 2500 avant Jésus-Christ, Stonehenge est l’un des monuments mégalithiques les plus célèbres au monde. Présent dans de nombreuses œuvres artistiques et littéraires, célèbre dans la culture populaire, l’origine de la pierre qui le compose était restée jusqu’alors un mystère. Un groupe de scientifiques a publié une étude qui établit l’origine de ces blocs de grès à quelques dizaines de kilomètres.

Le site de Stonehenge est composé de deux types de pierres. Les premières, les plus petites, appelées "bluestones" avaient été localisées par des archéologues en 2015. Ces pierres bleues, composées de roches magmatiques et volcaniques, viendraient des collines de Preseli au sud-ouest du Pays de Galles, à plus de 200 kilomètres de Stonehenge. Si l’origine des bluestones s’était plus ou moins précisée, celle des Sarsen, les plus gros blocs, restait énigmatique.

Les chercheur·se·s ont pu démontrer que 50 des 52 mégalithes encore présentes – il y en avait environ 80 à l’origine – partageraient une origine commune. Elles viendraient d’un site appelé West Woods, dans le Wiltshire, à seulement 25 kilomètres de Stonehenge.

La carotte miracle

À la fin des années 1950, lors de travaux de conservation, une carotte avait été extraite de la pierre. Il ne s’agit évidemment pas du légume, mais bien d’un échantillon cylindrique de la roche. Ce fragment de Sarsen avait ainsi été confié à Robert Phillips, l’un des membres de l’entreprise en charge des travaux.

© Sam Frost/English Heritage

Lorsqu’il a émigré aux États-Unis en 1977, il a emporté cette carotte, nous explique Reuters. En 2018, Robert Phillips la renvoie en Grande-Bretagne pour faire avancer la recherche. Tous "tests destructifs étant interdits aux mégalithes sur le site", cet échantillon représentait l’unique moyen de faire des analyses plus poussées.

Les comparaisons des signatures chimiques ont permis de remonter jusqu’à West Woods. Une origine beaucoup moins lointaine que celle des pierres bleues. Malgré la résolution de ce mystère, d’autres questions restent en suspens, notamment sur l’acheminement des pierres sur de telles distances. David Nash, géomorphologue à l’université de Brighton et auteur de l’étude, explique :

"La manière dont elles ont été déplacées vers le site fait toujours l’objet de spéculations. Compte tenu de la taille des pierres, elles doivent avoir été traînées ou déplacées sur des rouleaux jusqu’à Stonehenge. Nous ne connaissons pas l’itinéraire exact, mais au moins, nous avons maintenant un point de départ et un point d’arrivée."

Le mystère de Stonehenge finit donc par se dissiper petit à petit et ces nouveaux résultats y participent grandement. Des révélations qui, comme l’espère David Nash, permettront aux milliers de visiteur·se·s "de mieux comprendre l’énorme effort impliqué dans la construction de Stonehenge".

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