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La première biennale dédiée aux mèmes débutera en décembre 2020

Publié le

par Lise Lanot

Et vous pouvez envoyer vos propres mèmes à la curatrice de l'événement.

Si une image vaut mille mots, en 2020, il semble qu’un mème explose tous les compteurs et englobe mille mots, mille concepts et mille blagues, tant et si bien qu’ils sont devenus un langage à part. Comme tout mouvement culturel, les mèmes sont déjà au cœur de travaux artistiques et d’expositions, mais ils n’avaient jamais eu l’honneur de se voir consacrer une biennale entière.

Ce sera bientôt chose faite, sous l’impulsion de l’artiste texane Anam Bahlam. Elle lance en décembre la première Biennal 4 Memes en version virtuelle et physique, dans trois villes différentes. Les expositions présentant des performances artistiques et des fêtes dansantes débuteront en même temps à Dallas, Sydney, Seattle et en ligne, afin de refléter "la diffusion mondiale et quasi instantanée" des mèmes.

Parmi les artistes invité·e·s, Artnet cite les noms de Hannah Epstein, Rowen Foster et Culture Hole TV. Du côté des créateur·rice·s de mèmes, on attend Sad African Queen, Jónó Mí ló et Joelle Bouchard. Tout comme le public de ces créations, les artistes sont né·e·s entre les années 1980 et 2000 et, comme les mèmes eux-mêmes, la biennale se veut inclusive et participative. Jusqu’au 22 novembre 2020, le public est libre d’envoyer ses créations à la curatrice de l’événement, Soomi Han.

Un événement politique

Biennal 4 Memes s’intéresse aux mèmes en tant que langage libre et vecteur d’idées. L’objectif est d’explorer ces montages photo humoristiques sous le prisme de "discours révolutionnaires sur la prise de conscience, les discours politiques et l’art", précise Jónó Mí ló. Les créations sélectionnées sont donc souvent politiques et sociales.

"Les mèmes font bouger les élections. Les mèmes font bouger les révolutions. Les mèmes font bouger les consciences. Les mèmes font bouger les rires hors de leurs sombres instincts caverneux. Ils ont fait office de mécanisme de défense lors de la première pandémie de notre existence. […] Ils façonnent la société", écrit la fondatrice Anam Bahlam dans un communiqué de presse.

Ce genre d’événements interroge en filigrane la viralité de l’information et ce qu’elle crée. Anonymes, les mèmes se propagent et façonnent dans leur sillage des communautés qui ne partagent pas forcément la même culture ou la même langue, mais partagent une culture numérique.

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