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L’art miniature s’expose pour la première fois en France

Publié le

par Donnia Ghezlane-Lala

© Claus Jensen/Unsplash

Une soixantaine d’œuvres minuscules est présentée.

Au détour d’une flaque, d’aspérités dans le bitume, ou dans l’intimité de leurs ateliers, les artistes de l’art miniature 2.0 rivalisent d’imagination et d’ingéniosité pour créer des univers minuscules, exposés pour la première fois en France, à Paris.

Baptisée "Small is Beautiful", l’exposition regroupe une vingtaine d’artistes considéré·e·s comme les stars mondiales du genre aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Japon, en Suède, en Ukraine, en Bosnie, en Afrique du Sud, en Belgique, en Allemagne, en Inde et en France. Est présentée une soixantaine de leurs œuvres à la galerie Joseph, jusqu’au 16 janvier 2022.

Né en 1979, l’artiste britannique Slinkachu est connu pour ses scènes de vie à partir de figurines miniature remodelées, repeintes puis installées et photographiées dans des espaces publics, et laissées sur place pour le plaisir des passant·e·s. Son monstre du Loch Ness, créé à partir d’un lacet de baskets vert dans une flaque, faisant face à deux personnages dans une capsule de bière, leur embarcation, a fait fureur sur les réseaux sociaux.

En parcourant l’exposition et les œuvres, dont les plus petites font la taille d’une carte SIM et les plus grandes celle d’une grande boîte à chaussures, le public découvre une multitude d’univers : humoristiques (avec le Français Pierre Javelle, France), oniriques (avec l’Américaine Lisa Swerling et l’Allemand Franck Kunert), revendicatifs (avec l’Américain Thomas Doyle), inspirés autant des jouets d’enfants que de la pop culture.

Hyperréalisme, poésie

Des éléments de la vie quotidienne, rétrécis jusqu’à 87 fois, ou des planètes imaginaires introduites dans de minuscules bouteilles, tubes à essais ou cloches en verre de quelques centimètres carrés (comme le travail du Japonais Izumi Akinobu ou du Français Tristan Blondeau) ; des sculptures taillées dans des pointes de crayon à papier (à l’image du Bosniaque Jasenko Dordevic ; des poissons en carton recyclé abritant des cités antiques qu’un capitaine explorateur découvre à bord de son trois-mâts fait d’une coquille de noix (signé les Français Tank et Popek).

L’hyperréalisme, autant que la poésie, est omniprésent dans les immeubles haussmanniens en papier kraft blancs illuminés de l’intérieur par Camille Ortolli, un manoir du XVe siècle en matériaux authentiques, totalement meublé et rétréci douze fois par Nicolas Guérin ou les immeubles délabrés de banlieue parisienne ou tokyoïte, encore plus petits, créés par Nicolas Pierre ou Christopher Robin Nordstroem.

"L’art miniature est passé de la maquette réaliste des maisons de poupée à un genre artistique à part entière, qui raconte des histoires et séduit les enfants autant que les adultes", explique Serge Victoria, producteur français d’événementiel à l’initiative de l’exposition. "Tous ces artistes, trentenaires pour la plupart, se sont fait connaître sur les réseaux sociaux et vont se rencontrer pour la première fois", se réjouit-il.

Lorraine Loots, miniaturiste sud-africaine du Cap, acquiesce : "C’est formidable de pouvoir nous retrouver et échanger de vive voix." Incitée dès l’enfance "par sa mère, à tout observer et découvrir dans la nature", elle explique à l’AFP comment elle a créé des représentations miniatures de paysages circulaires et d’objets du quotidien sur fond blanc qui se regardent à l’aide d’une loupe.

L’exposition "Small is Beautiful" est à voir jusqu’au 15 janvier 2022 à la galerie Joseph (rue de Turenne, Paris)

Avec AFP.

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