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À Berlin, le légendaire club Berghain rouvre ses portes avec une expo sonore immersive

Publié le

par Lisa Drian

Le Berghain comme vous ne l'avez jamais vu.

Fini les soirées à taper du pied jusqu’au petit matin. À Berlin, tous les clubs ont portes closes depuis des semaines et pendant encore un bon bout de temps. Mais le plus mythique d’entre eux n’a pas dit son dernier mot et l’entrée ne se fera plus de nuit. Le Berghain a rouvert ses portes le temps d’une exposition immersive et sonore inédite, à voir jusqu’au 2 août.

Coronavirus oblige, il n’est pas question de danser, il suffit d’écouter et de se laisser porter. "On écoute, on ressent, on peut fermer les yeux, on peut aussi les ouvrir, et on voyage derrière les sons dans la salle", explique à l’AFP l’artiste Carsten Seiffarth, créateur de la galerie Singuhr Projekte à l’origine du projet.   

Savoir tendre l’oreille

Le projet se tient dans l’immense Hall Kessel, la principale salle du club située derrière les salles de danse du club abrité dans une ancienne centrale électrique désaffectée. Pas plus de cinquante personnes ne sont autorisées à déambuler au milieu des bruits de ville, d’hélicoptères, sifflements, craquements, murmures… Il n’y a plus qu’à laisser libre cours à son imagination, les 24 enceintes dissimulées dans l’architecture se chargent du reste. Au total ce sont onze compositions, d’une cinquantaine de minutes qui sont proposées au public. 

"Nous avons invité deux artistes, Sam Auinger et Hannes Strobl, à faire un travail pour et avec la salle", explique le curateur Markus Steffens. "Ils considèrent la salle comme une sorte d’instrument", ajoute-t-il. Les sons résonnent différemment en fonction de l’endroit où on se trouve et c’est ce qui fait en partie la force du projet. 

Un projet de longue date

Le projet a été élaboré au début 2019, bien avant le déclenchement de la pandémie qui a signé l’arrêt de mort des folles nuits dans les clubs berlinois – considérés comme de potentiels foyers de contagion. Les organisateur·rice·s reconnaissent avoir été quelque peu inquiet·ète·s concernant l’accueil de leur projet.

"Au début, nous ne savions pas trop ce qui allait se passer. Et si personne ne venait, de peur d’être infecté ?", raconte Carsten Seiffarth. Mais l’inquiétude a été de courte durée, les visiteur·se·s font désormais la queue pour profiter de l’expérience et l’attente peut-être longue. Le hall immense qui attire les curieux·ses est régulièrement aéré et les gestes barrière sont respectés. "Et il s’agit d’une expérience, avec cette salle, et des émotions ressenties qui vont au-delà de la simple écoute", explique l’un des deux artistes à l’initiative du projet. Le Berghain s’apparente désormais à un havre de paix. 

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