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Le Nigeria va construire un musée pour ses trésors pillés

Publié le

par Donnia Ghezlane-Lala

© Claudio Testa/Unsplash

Ce musée exposera les précieux bronzes volés par les troupes britanniques au XIXe siècle.

Le Nigeria veut construire un nouveau musée pour exposer les précieux bronzes volés par les troupes britanniques à la fin du XIXe siècle dans le sud du pays et désormais détenus par des musées européens et américains, ont annoncé les autorités.

Le futur musée devrait sortir de terre à la fin 2024, à Benin City (État d’Edo), à partir d’un financement initial de 3,4 millions d’euros, auquel participe le British Museum. Le musée londonien détient actuellement plusieurs des milliers de bronzes volés au palais royal de Benin City, en 1897, lors des guerres coloniales. De nombreuses pièces sont également exposées au Musée ethnologique de Berlin.

Pour beaucoup de Nigérian·ne·s, la possibilité de voir un jour le retour de ses bronzes à Benin City n’était qu’un rêve lointain. "Je suis transporté de joie", dit à l’AFP Theophilus Umogbai, le curateur de l’actuel musée national de Benin City. Le futur musée "sera un symbole pour l’identité du peuple de Benin, riche de traditions artistiques", ajoute-t-il.

La restitution des œuvres pillées pendant la colonisation en Afrique fait débat en Europe. Des musées, comme le British Museum, se sont prononcés pour un retour de certaines œuvres, mais sous la forme de prêt. "Ce projet va nous aider à reconnecter à notre passé glorieux notre présent", a déclaré le gouverneur de l’État d’Edo, Godwin Obaseki, lors de l’annonce du projet vendredi.

D’environ 1 000 mètres carrés, le monument sera dessiné par l’architecte ghanéen David Adjaye. "Il ne faut pas seulement rendre ces objets qui ont été pris, mais il faut aussi collaborer pour faire de ce musée un centre de renommée internationale", selon l’architecte.

Outre le futur musée, un site de fouilles archéologiques débutera en 2021, à côté du palais de l’Oba, le souverain traditionnel de Benin City. Début octobre, la France a approuvé la restitution de 26 pièces pillées en 1892 dans l’actuelle République du Bénin (pays voisin du Nigeria et ancienne colonie française), ainsi qu’un sabre au Sénégal. Plus de 90 % des pièces majeures d’Afrique subsaharienne se trouveraient hors du continent, selon les expert·e·s.

Avec AFP.

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