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Les maisons Christie's et Sotheby's assignées à comparaître dans l'affaire Jeffrey Epstein

Publié le

par Tess Birkedal Hartmann

© Rick Friedman/Corbis via Getty Images

Les documents sur les acquisitions artistiques du délinquant sexuel américain Jeffrey Epstein vont être étudiés.

Rappel des faits. Août 2019, Jeffrey Epstein, dans l’attente de son procès pour exploitation sexuelle de mineures et association de malfaiteurs en vue d’exploiter sexuellement des mineures, est retrouvé mort dans sa cellule. L’accusé avait déjà été incarcéré durant treize mois, en 2008, pour des faits similaires, évitant la prison à vie en soudoyant ses nombreuses victimes, et était inscrit sur la liste des délinquants sexuels. Qualifié par ses victimes de "fournisseur de filles", il aurait donc fait profiter de son trafic sexuel à ses connaissances, plus ou moins célèbres.

En juillet 2019, grâce à de nombreuses nouvelles preuves, le prédateur sexuel est finalement inculpé pour exploitation sexuelle, les accords de 2008 n’étant plus viables. Incarcéré au Metropolitan Correctional Center de New York, il y est retrouvé pendu dans sa cellule, le 10 août 2019. Son procès était prévu pour juin 2020.

Jeffrey Epstein avait des amis très haut placés comme Bill Clinton, le prince Andrew ou encore Donald Trump, qui ont toujours craint d’être entachés par ces révélations. Les détails de sa mort suscitent aujourd’hui encore beaucoup d’interrogations. Il a notamment emporté avec lui une partie de son carnet d’adresses bien fourni, qu’on appelle le "Big Black Book". Le procureur fédéral de Manhattan poursuit toutefois le procès de manière posthume.

Deux maisons d’enchères impliquées dans le procès de 2020

Le milliardaire était collectionneur d’art – entre autres parce qu’il voyait dans ce secteur un intérêt financier. Début décembre 2020, les maisons d’enchères Sotheby’s et Christie’s ont été assignées à comparaître par la justice américaine afin de divulguer "tous les documents évoquant ou relatant des acquisitions, des ventes, des enchères, en lien avec ou à propos de Jeffrey E. Epstein".

Tous les documents "évoquant ou relatant des traitements des taxes ou transferts à d’autres entités pour les pièces d’art ou autres objets" par Epstein ou ses agents ont aussi été demandés. Christie’s et Sotherby’s ont refusé de commenter cette actualité, rapporte The Art Newspaper.

La Chicago Deferred Exchange Company, une firme artistique de l’Illinois, a également été sommée de divulguer ses informations sur le criminel. La vérification des comptes demandée est fixée sur la période de juin 2015 à novembre 2016, durant laquelle deux aquarelles de Paul Cézanne et un tableau de Pablo Picasso ont été vendus.

La valeur de ces œuvres combinées est estimée aujourd’hui à 139 millions de dollars. Pour l’instant, la relation entre des acquisitions douteuses et Jeffrey Epstein est encore floue, relate Hyperallergic. Une entreprise similaire à la Chicago Deferred Exchange Company, mais au nom différent, aurait été chargée de la revente des œuvres, en lien avec Leon Black, le président du Museum of Modert Art de New York. Pour l’instant, l’acquéreur du Picasso n’est pas connu. Les enquêteur·rice·s se penchent sur la relation entre Epstein et Black : professionnelles, financières ou arrangements amicaux ? Les investigations nous le diront.

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