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L’historien Pap Ndiaye prend la tête du Palais de la Porte Dorée, à Paris

Publié le

par Donnia Ghezlane-Lala

© Mehdi Fedouach/AFP)

Il a été nommé directeur général du Palais de la Porte Dorée, qui comprend le Musée de l’histoire de l’immigration et l’Aquarium.

L’historien spécialiste de l’histoire sociale des États-Unis et des minorités, Pap Ndiaye, a été nommé directeur général du Palais de la Porte Dorée, instance qui comprend le Musée de l’histoire de l’immigration, a indiqué jeudi le ministère de la Culture. M. Ndiaye, 55 ans, succédera le 1er mars à Hélène Orain, qui avait été nommée en 2015, a indiqué le ministère de la Culture dans un communiqué, confirmant une information de France Inter. Son mandat est d’une durée de trois ans.

"Il impulsera de nouveaux projets scientifiques et culturels avec des institutions muséales internationales, situées en particulier dans les régions du monde d’où sont issus les migrants depuis le XIXe siècle, mais aussi le développement de liens nouveaux avec les organismes français et étrangers, notamment associatifs", détaille le ministère. "Par des actions en faveur du développement des publics et en plaçant l’éducation artistique et culturelle au centre de ses préoccupations, Pap Ndiaye poursuivra l’engagement de l’établissement pour sensibiliser la société française au rôle de l’immigration dans la construction de la France", poursuit-il.

Le Palais de la Porte Dorée comprend le Musée de l’histoire de l’immigration et l’Aquarium tropical de Paris, hébergés au sein du palais, à l’est de Paris. Enseignant depuis 2012 à Sciences Po Paris, Pap Ndiaye a été le conseiller scientifique de l’exposition "Le modèle noir" qui s’est tenue en 2019 au musée d’Orsay, sur la représentation des Noir·e·s dans les arts visuels. Plus récemment encore, il a présenté, avec Constance Rivière, secrétaire générale du Défenseur des droits, un rapport sur la diversité à l’Opéra de Paris.

Normalien, agrégé d’histoire et titulaire d’un doctorat obtenu à l’École des hautes études en sciences sociales, où il a été enseignant, il a étudié cinq ans outre-Atlantique, d’abord à l’université de Virginie, puis de Pennsylvanie. C’est là-bas qu’il dit avoir découvert le "monde noir". En 2008, il a publié l’ouvrage La Condition noire, essai sur une minorité française (chez Calmann-Lévy). Celui qui se définit comme un pur produit de méritocratie républicaine a été "un compagnon de route" du Conseil représentatif des associations noires, une fédération d’associations françaises qui milite pour la défense des populations noires de France.

Né de père sénégalais et de mère française, Pap Ndiaye, est le frère aîné de l’écrivaine Marie Ndiaye, Prix Goncourt 2009. Connu parfois sous son ancien nom de Musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie, le bâtiment du musée a été construit pour l’Exposition coloniale de 1931. D’abord "musée des Colonies" – avec sa dédicace "À la France colonisatrice et civilisatrice" –, il changera plusieurs fois de nom : "musée de la France d’outre-mer" en 1935, "musée des Arts africains et océaniens" en 1960 et "musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie" de 1990 à 2003, année au cours de laquelle le musée ferme ses portes.

Il rouvre au public en 2007 et adopte cinq ans plus tard le nom de Musée de l’histoire de l’immigration. Selon ses statuts, il a pour mission de "poser un regard nouveau sur l’histoire de France, en montrant l’apport des immigrés dans le développement économique, les évolutions sociales et la vie culturelle du pays".

Avec AFP.

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