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La cathédrale Notre-Dame veut "rajeunir" et s’ouvrir au monde

Publié le

par Donnia Ghezlane-Lala

© Marcel Strauss/Unsplash

Art contemporain, lumière douce, monte-charge… La cathédrale Notre-Dame de Paris fait peau neuve après le terrible incendie.

La cathédrale Notre-Dame de Paris, partiellement détruite par un incendie en 2019, va être réaménagée pour "mieux accueillir" le public dans "le respect du culte", selon le diocèse qui en a la charge. Au programme de cette "modernisation" : lumière à hauteur de visage, bancs à roulettes dotés de lumignons pour remplacer les vieilles chaises séculaires qui descendront dans la crypte, art contemporain et phrases bibliques projetées dans plusieurs langues sur les murs, explique à l’AFP le père Gilles Drouin.

Le projet, mûri "depuis deux ans et demi", lui a été confié par l’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit. Il sera présenté le 9 décembre à la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture. De quoi alimenter l’inquiétude des défenseur·se·s de l’histoire de France et du patrimoine, ainsi que les moqueries de la presse étrangère qui l’a qualifié de nouveau "Disneyland politiquement correct" (The Telegraph).

Le père Drouin, directeur de l’Institut supérieur de liturgie, défend son projet. Il dément toute tentative de transformation radicale : l’objectif, dit-il est de conserver Notre-Dame comme "lieu de culte" et de "mieux accueillir" et informer le public qui "n’a pas toujours de culture chrétienne".

Lorsqu’il retrouvera Notre-Dame en 2024, selon le calendrier des travaux prévu à ce jour, le public du monde entier devrait entrer par la grande porte centrale et non plus par les portes latérales, et bénéficier d’un parcours aéré autour de l’axe central allant de la nef au chœur.

L’autel restera au même endroit. Un tabernacle (meuble qui abrite hosties et ciboire) qui "était mal placé" sera installé au fond du chœur et un nouveau baptistère (petit édifice servant traditionnellement aux baptêmes), dans l’entrée de la nef. Seuls "quatre des confessionnaux" seront conservés. Les "six ou sept autres seront remontés au premier étage de la cathédrale", détaille-t-il.

Pour faciliter encore plus la circulation en cas d’affluence, les chaises en paille séculaires descendront à la cave, ou crypte Soufflot, située sous la cathédrale et qui sera utilisée "comme espace de stockage" rendu plus accessible grâce à un "monte-charge".

Quant aux chapelles latérales de l’édifice, elles étaient "dans un état épouvantable" avant l’incendie et seront complètement rénovées au profit de la mise en valeur d’œuvres d’art, à savoir "des tableaux anciens des XVIe et XVIIIe siècles qui dialogueront avec des objets d’art contemporains". "Un cycle de tapisseries" notamment, dit l’ecclésiastique sans laisser filtrer de nom. "La cathédrale s’est toujours ouverte à l’art de son époque jusqu’à la grande croix dorée du sculpteur Marc Couturier installée par le cardinal Lustiger en 1994", souligne-t-il.

Pour illuminer le tout, le diocèse souhaite "des lumières plus douces à hauteur de visage d’homme" qui donneront une ambiance plus intimiste aux 2 400 messes et 150 concerts annuels. Il a confié ce travail à un collectif d’artistes parmi lesquels le sculpteur de lumière Patrick Rimoux. Enfin, pour une meilleure compréhension de l’histoire du christianisme, il souhaite projeter sur les murs "des phrases bibliques ou de tradition spirituelle chrétienne" dans plusieurs langues dont le choix n’est pas encore arrêté.

Konbini arts avec AFP

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