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Pourquoi une statue de Greta Thunberg a-t-elle créé la polémique dans une université ?

Publié le

par Donnia Ghezlane-Lala

© Adrian Dennis/AFP

Baptisée Make a Difference, l’œuvre en bronze est la première statue en taille réelle de Greta Thunberg dans le monde.

L’inauguration d’une statue de la figure du mouvement contre le réchauffement climatique Greta Thunberg a suscité une polémique au sujet des fonds qui lui ont été consacrés. Baptisée Make a Difference, l’œuvre en bronze, première statue en taille réelle de Greta Thunberg dans le monde, a été réalisée par l’artiste Christine Charlesworth pour l’université de Winchester (dans le sud de l’Angleterre).

"Fier" de rendre ainsi hommage à la Suédoise de 18 ans, l’établissement reconnaît qu’il s’agit "pour beaucoup d’un personnage controversé" et accueille "débat raisonnés et conversations critiques", a déclaré dans un communiqué sa vice-chancelière, Joy Carter.

Tout en exprimant son admiration pour Greta Thunberg, le syndicat des étudiant·e·s a dénoncé dans un communiqué le montant consacré à la statue, près de 24 000 livres Sterling (28 000 euros), demandant que la même somme soit allouée aux services de soutien aux étudiant·e·s.

© Adrian Dennis/AFP

"Nous sommes dans une année Covid-19, beaucoup d’étudiants n’ont pas vraiment eu accès au campus beaucoup d’entre eux essaient de suivre leurs études en ligne et ont vraiment besoin de soutien", a déclaré à la BBC Megan Ball, présidente du syndicat des étudiant·e·s.

Le syndicat de l’université a quant à lui dénoncé la "vanité" du projet, critiquant lui aussi le montant investi, qui aurait pu être utilisé pour éviter licenciements et coupes budgétaires. La vice-chancelière a rétorqué que la statue a été financée par des fonds qui ne pouvaient qu’être consacrés au bâtiment devant lequel elle se trouve, et qu’aucun financement n’a été dévié du "soutien aux étudiants ou de la dotation du personnel pour financer le projet".

Sa présentation correspond à l’ouverture d’un nouveau bâtiment phare de l’université, "l’un des plus verts" de la ville, avec récupération des eaux de pluie et panneaux photovoltaïques. La statue est "un symbole de notre engagement pour combattre l’urgence écologique et climatique dans l’élan" de la COP26 prévue en novembre 2021 à Glasgow, souligne l’université. En 2019, l’établissement avait déclaré l’urgence écologique et climatique et s’est fixé pour objectif la neutralité carbone d’ici à 2025.

Avec AFP.

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