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Remplies de cadavres, des statues de Michel-Ange ont été nettoyées grâce à des bactéries

Publié le

par Ana Corderot

© Leemage/Corbis Historical via Getty Images

Une biologiste italienne a utilisé des bactéries mangeuses de chair pour ôter la moisissure qui s’installait sur les sculptures.

À Florence, dans la Chapelle privée de la famille Médicis, repose, sur l’autel de l’église, une tombe couronnée de sculptures peu ordinaires, réalisées par le peintre Michel-Ange. L’une d’entre elles, vieille de plus de 500 ans, renferme le corps du défunt souverain de Florence, Alessandro de Medici, depuis son assassinat. Cette sculpture est installée au-dessus de la tombe de son défunt père.

Seulement, depuis quelque temps, des historien·ne·s se sont aperçu·e·s que, petit à petit, des taches apparaissaient sur les statues, relate CBSNews. En s’intéressant de plus près au problème, le Conseil national italien de la recherche a découvert en 2019 la cause de ses étranges apparitions.

Michel-Ange, Tombeau de Giuliano de Médicis, Chapelle privée de la famille Médicis, Florence. (© Leemage/Corbis Historical via Getty Images)

Au fil des siècles, des fluides corporels s’étaient en fait échappés du cadavre mal embaumé d’Alessandro de Medici, faisant ainsi pourrir les sculptures de marbre. Afin de les préserver, aucun produit corrosif ne pouvait être utilisé. C’est pourquoi une biologiste de l’Agence nationale italienne des nouvelles technologies s’est attelée à trouver une alternative efficace.

La biologiste Anna Rosa Sprocati s’est finalement tournée vers des bactéries mangeuses de chairs, capables d’ôter la moisissure engendrée par les fluides. En sélectionnant ces bactéries parmi plus de 1 000 espèces différentes, Sprocati a montré que le processus pouvait s’avérer fructueux, hormis quelques bactéries plus corrosives que les autres.

Interrompu début 2020, à cause de la crise sanitaire, le projet de nettoyage aurait repris depuis la mi-octobre, avec une équipe de restaurateur·rice·s affairé·e·s à déposer les bactéries sur le sarcophage de Lorenzo di Piero, enterré avec son fils assassiné. 

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