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Retrouvée aux États-Unis, une statue volée revient dans son temple au Népal

Publié le

par Donnia Ghezlane-Lala

© Alexander Schimmeck/Unsplash

Cette stèle représentant des divinités hindoues a été restituée au Népal en mars par le FBI et le musée d’art de Dallas.

Une stèle hindoue datant d’entre le XIIe et le XVe siècle, récemment retrouvée dans un musée aux États-Unis, a été réinstallée dans le temple de Katmandou où elle avait été volée 37 ans plus tôt. Dérobée en 1984, cette stèle de pierre représentant les divinités hindoues Lakshmi et Narayan a été restituée au Népal en mars par le FBI et le musée d’art de Dallas, qui la louait à un collectionneur depuis 1990.

Une enquête de plusieurs mois menée par des expert·e·s népalais·es et états-unien·ne·s et par les autorités des deux pays avait permis de découvrir son origine frauduleuse. Samedi, la sculpture a été reconduite vers son temple sur un palanquin et reposée sur son socle d’origine, au son des chants religieux et de la musique traditionnelle. Une réplique que les habitant·e·s vénéraient depuis la disparition de l’original a été remisée sur le côté.

"Nous sommes très contents. Nos efforts des trois ou quatre dernières années ont été couronnés de succès, tout le monde se réjouit", s’est félicité Dilendra Raj Shrestha, responsable de la Campagne pour la récupération du patrimoine du Népal. La stèle sera désormais protégée par des capteurs laser et des caméras vidéo, a-t-il indiqué.

"Nous assistons au début d’une tendance, qui consiste à rapatrier les dieux du Népal depuis les États-Unis, l’Europe et les autres pays où ils ont atterri, s’est réjoui l’ambassadeur états-unien à Katmandou, Randy Berry. J’espère qu’il s’agit de la première célébration d’une longue série."

Au Népal, les temples et sites patrimoniaux hindous et bouddhistes rythment la vie quotidienne. Mais nombre d’entre eux ont été pillés de leurs trésors séculaires, parfois avec l’aide de responsables locaux corrompus, pour alimenter les marchés de l’art occidentaux après l’ouverture du pays au monde extérieur dans les années 1950.

"Je crois qu’il y a un changement au niveau mondial. De nombreux pays réclament la restitution de leurs œuvres. Et légalement, le Népal est dans une très bonne position parce que les exportations n’ont jamais été autorisées", a expliqué la professeure Erin L. Thompson, experte en criminalité artistique, dont un tweet mettant en doute l’origine de la stèle avait déclenché l’enquête.

Le rapatriement du patrimoine est devenu un sujet épineux pour les musées du monde entier. Le Népal a obtenu cette année le retour de six œuvres volées, et cherche à en récupérer d’autres en France, aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Konbini arts avec AFP

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