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Scandale au Met Museum : des œuvres saisies par la justice pour trafic d’antiquités

Publié le

par Donnia Ghezlane-Lala

L’enquête déterminera si ces pièces antiques ont été pillées et si elles sont liées au trafic impliquant l’ancien directeur du Louvre

Scandale au Met Museum : des œuvres saisies par la justice pour trafic d’antiquités

© Umberto Leporini/EyeEm/Getty Images

La justice new-yorkaise a saisi cinq pièces égyptiennes en possession du prestigieux Metropolitan Museum de New York mais potentiellement issues d’un pillage. Il s’agit d’un nouveau développement de l’enquête menée à Paris sur un trafic d’antiquités impliquant l’ancien patron du Louvre.

D’après un document judiciaire obtenu par l’AFP, une juge de la cour suprême de l’État de New York a ordonné le 19 mai 2022 la saisie de ces cinq antiquités, dont le portrait funéraire d’une femme daté des années 54 à 68 après notre ère, d’une valeur d’environ 1,2 million de dollars, et un groupe de cinq fragments de lin peints représentant une scène du Livre de l’Exode, daté entre 250 et 450 avant notre ère, évalué à 1,6 million de dollars.

"Les pièces ont été saisies en vertu de ce mandat", a indiqué un porte-parole des services du procureur de Manhattan, en précisant qu’il s’agissait de la "même enquête" que celle ouverte à Paris, dans laquelle l’ancien président-directeur du Louvre, Jean-Luc Martinez, est impliqué. D’après The Art Newspaper, qui a révélé l’information, les cinq pièces ont été achetées entre 2013 et 2015 par le Met Museum de New York.

Sollicité par l’AFP, le musée a renvoyé à une précédente déclaration où il se disait "victime d’une organisation criminelle internationale" et assurait "coopérer" avec les autorités. En 2019, le Met avait déjà rendu à l’Égypte un sarcophage doré qui avait été volé en 2011, en plein tumulte révolutionnaire dans ce pays, que l’institution avait acheté en 2017.

Le Met Museum avait alors dû brutalement interrompre une exposition consacrée à ce cercueil fabriqué pour Nedjemankh, prêtre du dieu à tête de bélier Heryshef. L’enquête parisienne cherche à établir si, parmi des centaines de pièces pillées pendant les Printemps arabes dans plusieurs pays du Proche et Moyen-Orient, certaines ont été acquises par le Louvre Abu Dhabi.

Plusieurs des protagonistes inculpés, dont le propriétaire d’une galerie à Hambourg, placé en détention provisoire, sont aussi impliqués dans la vente du sarcophage au Met Museum, selon un rapport de 2019 du bureau du procureur de Manhattan.

Konbini arts avec AFP.

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