AccueilArt contemporain

Un artiste a acheté 2 020 godes pour créer un portrait de Donald Trump

Publié le

par Lise Lanot

© Shealah Craighead/Stephen Manka

Stephen Manka voudrait faire voyager son portrait fait de pénis à travers les États-Unis, en même temps que la campagne de Trump.

"Que faire avec tant de godes en métal ?" C’est apparemment la question que s’est posé Stephen Manka, un artiste originaire de Cleveland, face aux étagères débordantes d’un ancien fabricant de jouets sexuels. Après avoir tenté de créer des "jardins zens" remplis de pénis artificiels (une initiative rapidement tombée à l’eau), "une idée [l']a frappé" : "Une immense sculpture de Trump", raconte-t-il sur son Kickstarter.

Ayant déjà investi 24 000 dollars (environ 20 000 euros) dans le projet, il déclare avoir besoin de plus de trois fois cette somme pour terminer la construction de ce "monument" de 8 mètres de hauteur sur 5 mètres de largeur, pesant plus 1 300 kg. Stephen Manka souhaite fixer les godes sur une structure afin que le portrait puisse voir du pays et suive le président (celui en chair et en os, pas en métal) lors de sa campagne pour briguer un second mandat.

© Stephen Manka

L’artiste a rappelé à Hyperallergic à quel point les monuments et les statues sont un sujet brûlant en ce moment : "Les statues liées à l’esclavage sont renversées. L’incroyable œuvre Rumors of War de Kehinde Wiley a été dévoilée. Notre président force pour que son visage soit ajouté au mont Rushmore."

Une œuvre militante et politique

Face à cet état des lieux, Stephen Manka s’est demandé quel monument pourrait bien servir à représenter le chef d’État. Sa réponse ? "Rien. Ou des pénis." Il espère réaliser la sculpture "la plus prestigieuse et monumentale possible". "Juste comme [Trump] le voudrait", ajoute-t-il, très sarcastique, avant de préciser : "Évidemment, en s’approchant, on se rendrait compte que son visage a été fait à partir de godes en métal et de plugs anaux."

Comme un vœu de ne pas voir Donald Trump rempiler pour un second mandat, l’artiste a utilisé 2 020 godes pour sa création. S’il atteint son objectif, son immense œuvre pourrait bien parcourir les États-Unis, dans un voyage militant : "Je ne sais pas si les supporters de Trump l’aimeront ou si ça pourrait changer l’avis de quiconque, rapporte Stephen Manka. Peut-être que quelqu’un la regardera et pensera : 'Ouais, cet homme est une bite et je suis une vraie bite moi-même de l’aider à gagner.'"

Image de synthèse. (© Stephen Manka)

© Stephen Manka

© Stephen Manka

© Stephen Manka

À voir aussi sur arts :