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Un parc de sculptures coquines veut enflammer la libido du public

Publié le

par Anna Finot

© Drew Binsky/YouTube

Un musée en plein air sous forme de Disneyland érotique pour réveiller son désir.

À JeJu Love Land, un parc de sculptures entièrement dédié au sexe en Corée du Sud, les esprits se lâchent et se réchauffent. Équivalent à la taille de deux terrains de football, cet immense parc recense plus de 140 statues érotiques et attractions coquines. Loin pour autant de tomber dans la pornographie, ce musée en plein air propose au public une journée pimentée et sensuelle censée stimuler la libido.

Parfois avec humour, les sculptures nues se contorsionnent dans des positions sophistiquées, laissant libre cours à l’imagination du public, qui ne manque pas de se prendre en photo avec (ou sur) les différents modèles.

Le parc est ouvert de 9 heures à minuit. Le public a le temps de s’abandonner, le long des allées, à la découverte de ces statues évocatrices qui revisitent l’art du Kama-sutra. Créées par des étudiant·e·s en art à Séoul, ces œuvres hautes en couleurs, aux allures de créations koonesques, permettent de découvrir de nouvelles pratiques torrides pour atteindre le septième ciel une fois rentré·e· chez soi.

© Drew Binsky/Capture d’écran YouTube

Enjambez un pénis géant, faufilez-vous à travers une vallée de seins bombés, laissez-vous bercer par de doux cris d’orgasmes, jouez avec des automates en missionnaire, passez sous un pont de jambes nues en vous accordant le droit de regarder par en dessous, aspergez-vous de l’eau qui jaillit de la fontaine en forme de phallus… Il faut le dire, bien que très réalistes, les œuvres n’ont pas été pensées pour être raffinées.

Un centre d’éducation sexuelle

Ouvert en 2004, l’immense parc érotique est situé sur l’île de Jeju, également appelée "'île de la lune de miel". Cette petite île de 600 000 habitant·e·s endosse ce titre honorifique depuis la fin de la guerre de Corée.

En plus de son mercure élevé, cette île méridionale a longtemps été le seul endroit romantique où les Sud-Coréen·ne·s pouvaient voyager. Avec les restrictions de l’époque de la guerre froide sur les voyages à l’étranger, et pour des raisons financières, l’île est rapidement devenue une destination placée sous le signe de l’amour, et surtout du sexe.

© Drew Binsky/Capture d’écran YouTube

Semblable à un véritable centre d’éducation sexuelle, l’île a reçu, au cours des dernières décennies, de nombreux couples issus de mariages arrangés. Après s’être rencontré·e·s brièvement, les tristes élu·e·s se disaient oui sous les yeux attentifs de leurs parents, qui les envoyaient ensuite vers le sud, à Jeju, pour consommer leur union.

Le sexe et l’intimité restant pourtant très secrets et stigmatisés jusqu’au mariage, il a fallu lever les tabous. À la fin des années 1980, le journaliste et écrivain Simon Winchester rapportait dans un article du journal allemand Der Spiegel que certain·e·s employé·e·s des hôtels de l’île jouaient le rôle de "brise-glace professionnel·le·s" pour aider les jeunes marié·e·s à se détendre.

Un coup de pouce érotique

© Drew Binsky/Capture d’écran YouTube

Des années plus tard, la Corée du Sud est devenue le pays avec le taux de fécondité le plus faible au monde. Alors que le gouvernement a dépensé des sommes colossales en politiques natalistes, la courbe des naissances ne s’inverse pas.

Love Land représente ainsi un coup de pouce érotique de l’économie sexuelle. Un marché qui grossit de plus en plus, mais toujours à l’abri des regards, afin de donner aux jeunes des endroits où ils et elles peuvent apprendre tout en stimulant leur libido.

© Drew Binsky/Capture d’écran YouTube

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