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Une étude souligne les grandes inégalités de genre dans la vente de crypto-art

Publié le

par Lise Lanot

© Mads Perch via Getty Images

Une étude qui contredit l’idée selon laquelle les NFT permettraient un accès facile au marché de l’art. Pas pour tout le monde.

D'une étude signée ArtTactic, une "entreprise d’analyses du marché artistique", émane un rapport concernant les ventes de NFT réalisées entre janvier 2020 et septembre 2021 via la plateforme Nifty Gateway. L’étude s’attaque en particulier à l’idée selon laquelle le crypto-art permettrait de démocratiser un marché de l’art contemporain réservé aux élites et pesant de plus en plus lourd. L’art contemporain représente aujourd’hui "23 % du marché de l’art contre 3 % en 2000-2001", précisions-nous récemment.

Spoiler alert : malgré les sirènes, le juteux marché des NFT profite à une seule et même catégorie de personnes, et les perdantes de l’équation sont les artistes femmes. The Art Newspaper précise que les œuvres réalisées par des "femmes ne constituent que 16 % du marché des NFT". Ces derniers 21 mois, 77 % des ventes concernaient des "travaux réalisés par des hommes".

© Mads Perch via Getty Images

55 % des profits de ces 21 derniers mois ont été rapportés par seulement seize artistes, une statistique bien éloignée des idéaux de démocratisation du marché de l’art. 25 % des artistes ayant réalisé des ventes de NFT depuis le début 2020 composent 90 % de la valeur totale.

Au sein des dix plus grosses ventes de crypto-art, un seul nom de femme : celui de la musicienne Grimes. Le total de ses ventes s’élève à 8,9 millions de dollars – soit soixante millions de dollars de moins que l’œuvre de Beeple, Everydays: The First 5000 Days.

De même, malgré "l’arrivée massive d’artistes africain·e·s-américain·e·s, africain·e·s-britanniques et du continent africain sur le marché", ArtTactic précise que, depuis février 2020, 73 % des ventes émanent d’artistes originaires des États-Unis, du Royaume-Uni et du Canada. Une statistique à prendre avec des pincettes, sachant que l’étude se base sur une plateforme états-unienne (bien qu’elle reflète les discriminations déjà existantes au sein du marché).

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