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"Une œuvre à la maison" : un peintre veut déconfiner l’art chez vous

Publié le

par Donnia Ghezlane-Lala

© Ashu Dadwal/Unsplash

Olivier Masmonteil est à l’origine d’une chouette initiative.

Les Français·es ne pouvant plus fréquenter musées et galeries, l’art doit s’installer provisoirement dans leur foyer. À l’instar de Jean-Daniel Pellen, qui proposait déjà de transformer votre appartement en galerie d’art, ou des artothèques qui vous louent des tableaux, le peintre Olivier Masmonteil a initié auprès des artistes et institutions une initiative de prêt d’œuvres à domicile.

Récemment lancée, l’opération "Une œuvre à la maison" vise à offrir une bouffée d’oxygène artistique en attendant la fin du confinement, a expliqué à l’AFP l’artiste "engagé pour un art non élitiste et accessible". Artistes, centres d’art, galeries, musées, fondations, collectionneur·se·s… Il appelle tou·te·s celles et ceux qui le souhaitent à rejoindre l’opération. Elle concerne des œuvres de moins de 10 000 euros, qui ne sont pas trop fragiles. Elle est ouverte à tou·te·s les particulier·ère·s dans un rayon inférieur à dix kilomètres de la localisation des œuvres, listées sur un compte Instagram dédié.

Après la diffusion de l’annonce d’une œuvre disponible, les particulier·ère·s ont quinze jours pour adresser leurs motivations, d’une ligne à plusieurs pages, par mail ou par courrier. À l’issue de ces deux semaines, artistes, musées et galeries sélectionneront les gagnant·e·s et se chargeront de déposer l’œuvre au domicile de la personne, et de la récupérer plus tard. Les bénéficiaires pourront échanger avec des acteur·rice·s du monde de l’art, par la même occasion. Une trentaine d’artistes et d’institutions s’est déjà mobilisée, selon Olivier Masmonteil.

Une somme modique de quinze euros est demandée aux prêteur·se·s. Olivier Masmonteil a expliqué s’être inspiré des artothèques, centres de prêt d’œuvres d’art. Il y a une dizaine d’artothèques en France et la boutique la plus connue, créée il y a trente ans, se trouve à Caen. "Je voudrais transformer la France en une artothèque géante et que cette opération devienne virale. On adorerait même que le Louvre prête une petite œuvre !", dit l’artiste installé en région parisienne.

"Et, le jour où les lieux d’art rouvriront, ce serait bien que chacun vienne raccrocher les œuvres qu’il a reçues en prêt, en une gigantesque performance", ajoute-t-il. Dès le premier confinement en mars 2020, Olivier Masmonteil avait lancé Traversée, un journal d’échanges entre artistes sur les réseaux sociaux, en encourageant le don d’œuvres pour des ventes au profit des hôpitaux.

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Avec AFP.

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