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Une statue de Prince pourrait remplacer Christophe Colomb dans le Minnesota

Publié le

par Pénélope Meyzenc

Aux États-Unis comme dans le reste du monde, les habitants se mobilisent pour renverser ces symboles coloniaux.

Des citoyen·ne·s du Minnesota ont lancé une pétition pour faire retirer une statue de Christophe Colomb dans la capitale de l’État afin de la remplacer par une statue à l’effigie de… Prince.

"Dans tout le pays, les gouvernements municipaux choisissent de retirer les statues des suprémacistes blancs, des propriétaires d’esclaves et de ceux qui menaçaient les moyens de subsistance des Noirs. Ici dans le Minnesota, les communautés demandent à nouveau de faire tomber ce monument de Christophe Colomb, un homme qui a assassiné, violé et asservi les peuples noirs et autochtones des Amérique", explique la pétition.

Les signataires estiment que "Prince représente les valeurs du Minnesota alors que Colomb ne le fait pas". L’artiste était en effet originaire de cet État et y a vécu une grande partie de sa vie. Engagé dans la lutte pour la justice sociale, l’égalité et la liberté créative, il a su marquer les esprits par son implication.

Son travail fait d’ailleurs tristement écho aux récents évènements. Son titre "Baltimore", par exemple, évoque la mort d’hommes noirs aux mains de la police, avec un refrain des plus à propos : "If there ain’t no justice, then there ain’t no peace", soit en français "S’il n’y a pas de justice, alors il n’y a pas de paix".

L’initiative de cette pétition pour retirer la statue de Christophe Colomb date en réalité de 2017. Cependant, suite au meurtre de George Floyd à Minneapolis et à la vague d’indignation qu’elle a soulevée aux États-Unis, la requête a gagné des centaines de nouveaux signataires, comptabilisant près de 10 000 participant·e·s à ce jour.

Le Minnesota n’est pas le premier État à se mobiliser de la sorte. Dans le Tennessee, les habitant·e·s ont par exemple demandé le retrait de la statue d’un leader du Ku Klux Klan pour la remplacer par celle d’une figure locale : Dolly Parton. Un mouvement qui a suscité un certain engouement dans le monde entier et de nombreux citoyen·ne·s souhaitent aujourd’hui renverser les statues à l’effigie de "héros coloniaux".

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