© Nina Baldetti

"Covidartiste", le compte Instagram pour laisser parler son art pendant le confinement

Un thème, une journée de production pour trois publications : ce compte Instagram invite les artistes confinés à s'exprimer.

"Le concept était simple, un thème donné, une journée de production, trois partages d’œuvres" expliquent les créateurs de Co.vidartiste. Ce projet a été lancé par deux élèves des Beaux-Arts de Paris, Lina Benz et Anté Antoine, âgés de 23 et 24 ans, pratiquant aussi bien la peinture, que la sculpture, la vidéo ou la photographie. Le confinement est venu perturber leur quotidien et leurs productions. Pour autant, hors de question d’arrêter de créer. 

S’ils ont commencé par une exposition virtuelle de leur travail sur leurs comptes Instagram personnels, l’idée d’un projet participatif s’est très vite imposée. Ils ont créé le compte Co.vidartiste le 20 mars. Depuis, ils annoncent chaque semaine un nouveau thème : "Camouflage", "Mood", "Cendres", " Tout ce qui n’est pas sauvé sera perdu". "Nous pensons que l’idée du thème 'imposé' est importante car étant coupés de notre vie quotidienne et de la stimulation, les sources d’inspiration sont réduites…", nous expliquent-ils. Chacun·e est donc libre de participer et d’envoyer ses créations.

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Les deux artistes reçoivent de nombreuses propositions très variées, allant de la peinture à la vidéo, en passant par la danse ou encore l’écriture. Ils en partagent quelques-unes sur le compte Insta. Depuis quelques jours, ils ont également décidé de donner la parole aux artistes participant au projet.

Quotidiennement, le duo présente l’art et la vision de plusieurs d’entre eux grâce à de courtes interviews. Cette initiative leur permet de préserver une certaine forme de solidarité entre artistes : "C’est aussi une manière de rester connectés avec les autres et de rester éveillés pendant cette période si spéciale." 

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thème : MOOD • @indeubwetrust • Traitement d'image numérique, 20x25cm "Autoportrait inspiré par la pochette intérieure de l'album Raskit de Dizzee Rascal. La période anxiogène du Covid-19 invite à se replier sur soi-même, à déformer son être pour en retrouver son essence. L'ère numérique nous permet alors de partager, en ces jours où l'on se retrouve souvent seul avec soi-même, ses sentiments et l'image de son individualité. Une singularité diffusée à travers une froideur électronique. Manipuler cette image de mon enfance me permet alors de vous présenter un auto-portrait glaçant et grotesque, écrasé par un traitement numérique qui transforme alors l'humain en une créature informe et pathétique." #covidartiste

Une publication partagée par @ co.vidartiste le

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Par Pénélope Meyzenc, publié le 14/04/2020