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Dans la réalité pas toujours rose des influenceurs food

Publié le

par Louise Leboyer

Pression des marques, impatience des abonnés et agressivité : des détracteurs viennent à bout de certains influenceurs.

Ce n’est un secret pour personne : le monde de l’influence peut parfois être sans pitié. Si vous pouviez penser que les influenceur·se·s food étaient épargné·e·s et avaient, plus ou moins, le job de rêve, Le Huffington Post explique que la réalité est tout autre.

Comme beaucoup, Carly Lipkin se lance sur Instagram pour partager des photos de son quotidien. Fraîchement arrivée à New York, la jeune femme ouvre le compte "Talk Foodie to Me" pour allier deux passions : la découverte culinaire et la photographie. Au Huffington Post, Carly Lipkin explique : "Ce n’était vraiment rien de spécial. J’essayais de nouveaux endroits à New York, quand c’était beau, j’en faisais une photo."

À Atlanta, même début d’aventure pour Nichole Wolf qui ouvre "ATL Adventurer". À l’époque, rien ne laisse penser que ces comptes auront l’opportunité de devenir de réels business. Pourtant, rapidement, les invitations au restaurant et aux évènements se bousculent. Nichole Wolf se souvient du véritable tournant sur Instagram lorsqu’on lui propose de la rémunérer. "Je n’arrivais pas à croire qu’on veuille me payer pour partager ce que j’adorais faire." Petit à petit, la désormais instagrameuse dédie ses soirées et week-ends aux évènements et à la découverte de nouveaux restaurants.

Concurrence et estime de soi

Pour Carly Lipkin, l’excitation est plus nuancée. Employée d’un groupe de restaurants dont elle gérait la communication sur Internet, la coupure avec les réseaux sociaux est inexistante. Une pression renforcée par la concurrence entre influenceur·se·s culinaires dans la course aux évènements, partenariats et likes.

La compétitivité constante ne manque pas d’atteindre l’estime de soi de la New-Yorkaise : "Pourquoi ont-ils mille likes et moi, seulement 500, alors que nous avons le même nombre d’abonnés ?" Une dépréciation courante chez les utilisateur·rice·s d’Instagram. Une étude récente confirmait le lien entre l’utilisation excessive du réseau social et un impact psychologique néfaste, notamment la dégradation de la perception de soi.

De nombreuses raisons qui avaient poussé Carly Lipkin à dire au revoir, en 2018, aux 53 000 abonné·e·s de "Talk Foodie to Me". Dans un post, elle expliquait l’urgence de prendre soin de sa santé mentale et de retrouver un rapport sain avec la nourriture et son corps. En début d’année, Nichole Wolf partageait, à son tour, dans une publication, la pression qui pesait sur son travail et les conséquences psychologiques qu’elle pouvait engendrer.

"Beaucoup ne réalisent pas la quantité de travail et de stress que cette page représente. Toujours être au courant des nouveaux restaurants, se bousculer pour être la première à avoir l’info, manger seule, prendre des photos devant des gens qui se moquent de moi, […] travailler au milieu de la nuit pour respecter les deadlines."

Après son expérience, Carly Lipkin a pu prendre le recul nécessaire sur les conséquences néfastes du monde de l’influence, mais s’inquiète de l’émergence d’influenceur·se·s toujours plus jeunes. "Ils sont trop jeunes pour comprendre ce que nous avons fini par réaliser, avoir 100 ou 500 likes sur une photo ne fait pas de vous une meilleure personne."

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