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Facebook attaque un homme pour avoir vendu des likes et des followers

Publié le

par Lise Lanot

Facebook demande 100 000 dollars au Biélorusse qui vendait de faux likes sur différents comptes Instagram.

Instagram peut faire tourner la tête. Face à la course aux likes et aux followers à laquelle s’adonnent nombre d’utilisateur·rice·s, certains internautes font commerce de ces denrées devenues précieuses. Le Biélorusse Nikolay Holper connaît des démêlés avec la justice justement à cause de ce business 2.0 qui peut rapporter gros mais peut aussi coûter cher, lorsque les maisons mères découvrent le pot aux roses. 

Nikolay Holper, rapporte PetaPixel, était à la tête de plusieurs comptes présentés comme des "boosters Instagram" et des moyens de "tricher" sur l’application en acquérant des commentaires, des likes et des abonné·e·s. Les prix demandés variaient selon les services et la performance des bots utilisés, le prix maximum tournant autour de 1 700 roubles (environ 19 euros).

Une mise en demeure

Facebook, la maison mère détenant Instagram depuis 2012, a décidé de poursuivre l’homme en justice, voyant qu’il était capable de faire éclore "plus de 8 millions de faux likes en moins de deux jours" :

"Holper a utilisé un réseau de bots et un logiciel d’automatisation pour distribuer des faux likes, commentaires, vues et followers sur Instagram. Il a utilisé différents sites pour vendre des faux services d’engagement aux utilisateurs d’Instagram. Nous avons déjà désactivé des comptes associés à Holper et à son service, l’avons formellement prévenu qu’il violait nos conditions d’utilisation et avons envoyé une mise en demeure", a prévenu Facebook.

Le jugement concernera huit comptes différents. L’entreprise de Mark Zuckerberg demande que Nikolay Holper ne puisse plus jamais utiliser Facebook ou Instagram et que 100 000 dollars de dommages statutaires leur soient reversés pour infraction d’un nom de domaine.

Une chasse de longue haleine

Cela fait plusieurs années que Facebook s’est lancé dans cette chasse à ce fructueux business afin d’empêcher toute "activité inauthentique" et de "protéger les gens sur Facebook et Instagram".

En mai 2019, la firme annonçait porter plainte contre quatre entreprises et trois individus. Par cette action judiciaire, elle affirmait espérer "réaffirmer le fait que ce genre d’activités frauduleuses n’est pas toléré – et qu['elle se battrait] sans relâche pour protéger l’intégrité de la plateforme".

Une plateforme plus "authentique" et "sûre" permet surtout de ne pas effrayer ses utilisateur·rice·s qui pourraient en avoir marre de ces bots qui pullulent… jusqu’à peut-être quitter ces réseaux stars ? De plus, ces likes si faciles à se procurer font de l'ombre aux offres de Facebook et Instagram qui proposent, contre de l'argent bien entendu, de donner plus de visibilité à certains comptes. Si des likes (bien que faux) sont vendus peu chers par des anonymes, plus personne ne s'offrirait les services proposés par les plateformes. La volonté du groupe d’invisibiliser les likes (qui nous inciterait à poster davantage de photos) pourrait également constituer un moyen de freiner ces commerces d’un nouveau genre. Si la pratique n'est pas encore totalement démocratisée, peut-être est-ce justement parce qu'elle endiguerait également les ventes de sponsorisations émanant des réseaux sociaux ?

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