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L’Égypte veut taxer les influenceurs et cause un débat

Publié le

par Donnia Ghezlane-Lala

© Good Faces/Unsplash

"Si le gouvernement veut taxer les blogueurs, il doit au moins nous offrir un Internet plus performant."

L’Égypte a annoncé vouloir taxer les blogueur·se·s et youtubeur·se·s, des métiers jusqu’ici non régulés, provoquant des remous sur la Toile du pays le plus peuplé du monde arabe, très friand de réseaux sociaux. Le service des impôts du ministère des Finances a appelé dans un communiqué les blogueur·se·s et youtubeur·se·s à déclarer leurs revenus s'ils "ont atteint au moins 500 000 livres égyptiennes sur douze mois", soient plus de 27 000 euros.

Aussitôt, les réseaux sociaux se sont divisés. "Les pauvres qui vendent des légumes sont imposés, alors on peut imposer les riches", écrit ainsi un internaute sur Twitter. "Pour obtenir des micros et des caméras de qualité, les influenceurs doivent acheter au prix fort avec frais de douane et impôts, au lieu de les aider, l’État les enfonce", rétorque pour sa part un autre.

D’autres en profitaient pour égrainer leurs revendications. "Si le gouvernement veut taxer les youtubeurs [...], il doit au moins nous offrir un Internet plus performant", peut-on ainsi lire sur Twitter. La star des plateaux télé, Amr Adib, connu pour ses positions pro-pouvoir, a pour une fois pris le contre-pied des autorités. "Combien y a-t-il d’influenceurs ?", a-t-il lancé, "alors que le ministre des Finances sait très bien que des millions de personnes ne paient pas leurs impôts, dans le silence le plus total".

À la télévision d’État, un responsable des impôts a assuré que son administration était en contact avec des géants du net, citant Facebook et YouTube, pour tenter d’identifier les créateur·rice·s de contenus dégageant des revenus.

L’Égypte, le plus peuplé des pays arabes avec 102 millions d’habitant·e·s, compte près de soixante millions d’utilisateur·rice·s d’Internet, dont 49 millions sont inscrits sur divers réseaux sociaux, selon le site DataReportal. Un vivier important tant pour les marques qui recourent à des influenceur·se·s pour promouvoir leurs produits, que pour l’État qui a voté ces dernières années des lois lui permettant de bloquer les sites considérés comme une menace pour la sécurité nationale et de surveiller les comptes personnels ayant plus de 5 000 followers.

Avec AFP.

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