AccueilInstagram

Sur Instagram, Antoinette Love ressuscite l’esthétique des Skyblog

Publié le

par Pauline Allione

© Antoinette Love

KiKo0 les AnNé3s 2000 !!!

Montages ultra-kitschs, papillons 3D et citations profondes sur l’amitié : vous n’êtes pas sur Skyblog mais bien sur Instagram, plus précisément sur le compte d’Antoinette Love. Alors que l’âge d’or des Skyblog est de l’histoire ancienne sur Internet, cette artiste parisienne a décidé de donner une seconde vie à cet univers adolescent parti trop tôt, en créant "le Skyblog dont [elle a] toujours rêvé".

"À la base, je me mettais en scène sur Facebook dans un style Jumanji, avec des mygales ou des tigres géants, parce que je n’assumais pas trop la photo de profil avec le petit cocktail sur la plage", retrace-t-elle. Alors quand Facebook perd de l’altitude, elle exporte ses montages sur Instagram et s’amuse des codes de la pop culture, beaucoup plus présents sur ce réseau.

Elle se photobombe dans des campagnes de marques telles que Louis Vuitton ou Chanel et tape l’incruste sur des clichés de stars. "Au bout d’un moment, je trouvais que j’avais fait le tour de tous les scénarios possibles et, sans m’en rendre compte, je me suis de plus en plus dirigée vers l’esthétique 'blingee' des Skyblog, qui est finalement ce vers quoi je tendais depuis le début."

"Je suis très contente de faire ça à 30 ans et pas à 15"

Antoinette a bien eu un blog quand elle était adolescente mais, à cette époque, elle n’y a pas trouvé son compte et n’était pas franchement à l’aise à l’idée d’exposer sa vie sur la Toile. Finalement, il lui fallait quinze ans de plus pour arriver à s’éclater avec les codes du blog.

"Je trouvais ça rigolo de prendre un nouveau support Internet pour en ramener un ancien. Ça s’y prête parfaitement parce qu’il y a toujours ce système où tu postes, les gens commentent et les stories viennent encore ajouter de l’interaction… Je suis très contente de faire ça à 30 ans et pas à 15. Là, j’ai assez de maturité et de recul pour pouvoir en rigoler et faire ce que je veux", nous explique-t-elle.

Dénicher le "cœur3D.png" parfait

Passionnée par la culture Web et la pop culture, Antoinette peut passer des heures à arpenter Google Images et ses Skyblog préférés (puisqu’ils sont toujours présents) pour dénicher le "cœur3D.png" parfait à insérer dans son collage. "Sur mon ordinateur, j’ai des dossiers de cœurs, de fenêtres, de petits lutins… Le moindre papillon, je vais aller le 'digger' au fin fond d’Internet."

Pas loin de passer pro dans l’archéologie du Skyblog, l’artiste ne part jamais avec une idée précise en tête, mais préfère improviser avec ce qui lui tombe sous la main au cours de ses recherches. "J’adore ça, ça me détend. À la base, c’était mon hobby du dimanche, comme quelqu’un qui fait de la guitare le dimanche après-midi : moi, je fais des montages."

Passion too much

Avec ses collages pailletés, Antoinette affirme aussi son amour du too much des décennies passées, qui coïncide avec le retour en force de toute l’esthétique des années 1990-2000. "C’est vrai que les millennials s’habillent comme des Bratz, mais ce que je trouve dommage, c’est qu’elles utilisent plus le côté triste de cette culture emo, elles font toujours un peu la gueule… Alors que ce qui est important pour moi, là-dedans, c’est tout ce qui est hyper positif."

Et ses œuvres positives et anachroniques semblent plaire, puisque la créative française parvient désormais à monnayer sa passion à travers des collaborations ou des campagnes publicitaires. Pour la Saint-Valentin chinoise, elle a notamment été invitée à réaliser une campagne numérique pour Balenciaga.

Finalement, plutôt Instagram ou Skyblog ? "Instagram, de ouf. C’est plus vivant et je suis pour l’avancée de la technologie." D’autant plus qu’aux yeux d’Antoinette, Instagram a récemment marqué des points en ressuscitant le Comic Sans MS, police phare de nos années collège : "Au cas où elle disparaîtrait, je me la suis fait tatouer sur le bras, j’étais ravie qu’elle revienne. C’est pour ça qu’en réalité, même Instagram tend de plus en plus vers [l’esthétique] blog."

Pour découvrir le site d’Antoinette Love (avec un curseur de souris Diddlina, évidemment), ça se passe ici.

À voir aussi sur arts :