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Le fils d’Oussama ben Laden s’est mis à la peinture

Publié le

par Julie Morvan

© Elisabetta A. Villa/Wire Image/Getty Images

Installé en Normandie, Omar ben Laden a commencé à peindre pendant le confinement.

"Le besoin de dessiner et de peindre coule dans mes veines", confiait Omar ben Laden à Vice il y a quelques jours. Quatrième enfant d’Oussama ben Laden, Omar dessine depuis sa plus tendre enfance. Mais c’est l’année dernière, confiné en Normandie avec sa femme Zaina, qu’il s’est sérieusement mis à peindre. Là-bas, il a produit une série entière de paysages épurés, inscrivant son approche dans le courant de l’art naïf, reconnaissable à ses couleurs vives, ses formes simples et son absence de perspective.

C’est aussi un art relevant de l’instinct plutôt que de règles académiques. Selon Jeanne-Bathilde Lacourt, historienne de l’art interrogée par France 2, les peintres naïfs "sont des autodidactes sans formationIls n’ont pas fait d’école et ne sont pas issus du milieu de l’art. Ils ne sont pas professionnels, ils peignent sur leur temps libre." Leur style est ainsi très brut et empreint d’une fraîcheur enfantine.

Sa relation à la peinture a commencé dès l’enfance : Omar ben Laden dit avoir hérité de la fibre artistique de sa mère. Il dessinait déjà les chevaux de son père du haut de ses 7 ans. Mais ces rares instants créatifs ont constitué les seuls "instants joyeux" de sa jeunesse. Il n’entretenait quasiment aucun lien avec son père, qui le privait de jouets et le battait régulièrement. Après avoir émigré au Soudan, il est envoyé aux camps d’entraînement d’Al-Qaida, en Afghanistan, dès ses 15 ans. C’est à 18 ans qu’il décide de quitter cet environnement, migrant vers la Syrie avec sa mère.

Vingt ans plus tard, installé en Normandie avec sa femme et ses chevaux, il peint les sommets déchirés de monts afghans, les côtes littorales françaises et le Wild West américain qu’il se contente de fantasmer, n’y étant jamais allé. C’est un curieux sentiment qui s’en dégage, les monts dorés et le ciel azur se mélangeant aux paysages rougeoyants afghans et aux larges espaces américains dignes d’un western. Une œuvre cathartique que vous pouvez retrouver directement dans cet article de Vice.

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