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"Orsay grand ouvert" : un projet multidimensionnel se prépare pour le musée

Publié le

par Donnia Ghezlane-Lala

© Grant Faint/The Image Bank via Getty Images

Le but ? Rendre le musée plus accessible aux jeunes générations.

L’ancienne présidente du musée d'Orsay, Laurence des Cars, a engagé – avant de rejoindre la direction du Louvre – l’opération "Orsay grand ouvert", un projet multidimensionnel qui va élargir ses espaces et sa programmation, avec la volonté de la rendre plus accessible aux jeunes générations.

"Orsay grand ouvert", c’est d’abord une vaste rénovation de l’ancienne gare qui va porter le nom de "musée d’Orsay-Valéry Giscard d'Estaing". En mars 2019 est arrivé le don de vingt millions d’euros d’un mécène américain resté anonyme. "Des soutiens français devraient arriver dans les mois prochains", promet en outre à l’AFP l’ancienne directrice de l’établissement public, à la tête depuis quatre ans de ce musée et du musée de l’Orangerie, temples de l’art de 1848 à 1914.

Elle désigne un vaste espace d’exposition de 750 mètres carrés, où s’affairent les ouvriers déjà en plein chantier, et qui ouvrira en octobre 2021 pour accueillir l’exposition "Signac collectionneur". Il sera encore plus grand que son voisin où se tiennent les expositions phares.

Des salles vont être libérées pour accueillir à brève échéance la donation américaine Hays, la plus importante reçue de l’étranger par un musée français depuis 1945, qui fera d’Orsay le musée de référence pour les nabis (postimpressionnistes).

Dans l’hôtel Mailly-Nesle rénové, sur le quai Voltaire tout proche, un "centre de ressources et de recherches" sera inauguré en 2024. Un centre éducatif ouvrira pour les jeunes. Mme des Cars veut moderniser la transmission du patrimoine passé, et donc la médiation.

"Pour un adolescent d’aujourd’hui, Monet, c’est aussi vieux que Rembrandt. Pourtant Monet a quelque chose à lui dire. Encore faut-il lui tendre la main", remarque l’historienne de l’art du XIXe siècle. "La question pour les musées, c’est de prouver aux nouvelles générations qu’ils sont des lieux de cohésion sociale", plaide-t-elle.

Thématiques d’actualité

Pour cela, Mme des Cars entend programmer chaque année ou presque des expositions thématiques sur des sujets qui concernent aussi l’actualité d’aujourd’hui. Prête depuis décembre 2020, l’exposition événement "Les Origines du monde" sur les rapports entre arts, sciences et nature au XIXe siècle, devait permettre "en ce moment de rapport compliqué à la nature, de faire réfléchir les visiteurs sur leurs responsabilités particulières".

Sa fermeture prolongée est un crève-cœur pour elle. Elle a négocié pour obtenir des prêteur·se·s de prolonger l’exposition jusqu’au 18 juillet 2021. Il y avait eu l’autre expo événement, "Le Modèle noir", en 2019. "Un sujet sensible" pour laquelle elle avait convoqué les meilleur·e·s historien·ne·s. "Quand je l’avais annoncée, j’avais senti de la peur autour de la table. Nous avons eu 500 000 visiteurs et pas un gramme de polémique !"

Elle annonce une prochaine exposition événement à la rentrée : "Vivement le cinéma", ou comment le septième art "était là avant l’heure, dans la peinture, la photographie". Exposition qui posera une autre question d’actualité : "Est-il en train de devenir un art ancien ?"

Des blockbusters à venir, Laurence des Cars en a à foison : Edvard Munch, Antoni Gaudí, la relation Manet-Degas, "l’art dégénéré" banni par les nazis… À propos de nazisme, la restitution de Rosiers sous les arbres, chef-d’œuvre de Gustav Klimt, tableau entré légalement dans les collections mais spolié en 1938, l’a fortement mobilisée : "On doit savoir regarder en face l’histoire, se retourner sur l’histoire même de nos institutions."

Avec AFP.

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