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Pénurie de bleu ? Pourquoi les peintres vont devoir exploiter une autre couleur

Publié le

par Lise Lanot

© Fer Moreno/Unsplash

Désolée, Yves Klein.

La pandémie modifie nos façons de vivre, et ce pas seulement dans le champ social. Après la pénurie de PVC de l’année 2020, ce sont de nombreuses matières premières qui continuent et viennent à manquer depuis quelques mois, à l’instar du bois, de l’aluminium, mais aussi de la peinture, notamment la bleue.

Le fabricant de peinture néerlandais AkzoNobel a tiré la sonnette d’alarme, en affirmant auprès de Business Insider que les coûts de production du bleu avaient augmenté de 323 millions de dollars depuis 2020. "Certains additifs deviennent de plus en plus difficiles à obtenir", révèle un communiqué de presse.

Pas sûr que ce tableau rende mieux en rouge, cela dit. (© Matthieu Jungfer/Unsplash)

En plus d’être une couleur convoitée (et sachant que de nombreux ménages ont profité des confinements pour repeindre leur intérieur), le bleu a la particularité d’être très difficile à créer. La découverte, en 2009, d’un pigment bleu naturel et extrêmement résistant, le bleu "YInMn", avait pour cela rendu chimistes, artistes et fabricant·e·s de peinture extatiques.

La dernière fois qu’un pigment bleu naturel avait été découvert remontait à deux siècles, et il a fallu onze années pour que le pigment soit validé et ajouté à la liste de l’Agence américaine de protection de l’environnement, afin qu’il soit enfin commercialisé. Le prix d’un pot de "YInMn" (environ 148 euros pour quarante millilitres) prouve l’ampleur du phénomène.

AkzoNobel explique également souffrir d’un manque de pots de peinture (à cause de la pénurie de fer-blanc). Des retards et peines partagés par d’autres entreprises, à l’instar de Sherwin-Williams, précise Business Insider. Selon ces spécialistes, un retour à la normale ne devrait se faire que d’ici la fin 2022. Yves Klein doit frissonner d’effroi depuis sa tombe.

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