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Pourquoi un tableau lié à un oligarque russe ne peut-il pas sortir de France ?

Publié le

par Donnia Ghezlane-Lala

C’est le troisième tableau d’un collectionneur russe à être "gelé" et conservé en France, dans le cadre de l’exposition des frères Morozov à la Fondation Louis Vuitton.

Pourquoi un tableau lié à un oligarque russe ne peut-il pas sortir de France ?

© Zalfa Imani/Unsplash

Un troisième tableau appartenant à une fondation privée russe liée à un oligarque russe, qui a été exposé dans le cadre de la collection Morozov à Paris, est "gelé" et reste en France, a annoncé à l’AFP le ministère de la Culture. "Le gel est confirmé pour l’œuvre appartenant à la fondation" privée russe Magma, a indiqué le ministère.

La fondation Magma est liée à l’oligarque russe Viatcheslav Kantor, visé par les mesures de gel d’avoirs décidées par les pays occidentaux, suite à l’invasion de la Russie en Ukraine. Le ministère avait annoncé le 9 avril que son cas était "en cours d’examen par les services de l’État".

Paris avait alors annoncé le gel d’un premier tableau appartenant à Petr Aven, un proche de Vladimir Poutine qui figure sur la liste des personnalités russes faisant l’objet de sanctions occidentales. Il avait précisé qu’un autre tableau – un portrait de Margarita Morozova du peintre Serov – resterait également en France "à la demande des autorités ukrainiennes par mesure de sécurité". Il appartient au musée des Beaux-Arts de Dnipropetrovsk, dans l’Est de l’Ukraine, et risquerait d’être endommagé.

La collection Morozov, exposée à la Fondation Louis Vuitton du 22 septembre 2021 au 3 avril 2022, comprend environ 200 œuvres de Van Gogh, Gauguin, Renoir, Cézanne et Matisse, présentées aux côtés de peintres russes comme Golovine, Malevitch, Melnikov, Répine, Serov.

Ces chefs-d’œuvre ont été réunis par les deux frères, les Morozov, des industriels passionnés d’art moderne du tournant des XIXe et XXe siècles. C’est la première fois que leur collection sortait de Russie, dans cette ampleur, pour être exposée à l’étranger. Elle a rencontré un vif succès avec 1,25 million de visiteur·se·s, malgré la crise sanitaire qui l’a privée de ses touristes.

La plupart des œuvres devaient regagner leurs institutions d’origine, principalement le musée Pouchkine et la galerie Tretiakov à Moscou, ainsi que le musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg. Interrogée par l’AFP, la Fondation Louis Vuitton n’a pas fourni de précision quant à leur acheminement, indiquant seulement qu’il "suit son cours".

Konbini arts avec AFP.

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