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Dis-moi ton signe astro, je te dirai quelle célèbre peinture tu es

Publié le

par Sophie Laroche

© Gustav Klimt ; Jean-Michel Basquiat ; Frida Kahlo

On a attribué à des tableaux emblématiques le signe astrologique qu’ils incarnent le mieux.

Bélier : Yoshitomo Nara, Knife Behind Back

Yoshitomo Nara, "Knife behind back"<em>, </em>2000. (© Blum & Poe, Los Angeles<em>)</em>

Le Bélier est connu pour posséder un tempérament fougueux, voire explosif. C’est un·e combattant·e qui n’hésite pas à se battre pour défendre ses valeurs. Direct·e et joueur·se, le Bélier est aussi le signe le plus enfantin du zodiaque. Les œuvres du peintre japonais Yoshimoto Nara, qui mettent souvent en scène des enfants terribles, combinent ces deux traits de caractère, comme l’illustre le tableaux Knife Behind Back.

Ici, la petite fille peinte par Nara arbore des attributs juvéniles. Elle est dotée d’une coupe au carré, de joues rebondies et d’un col Claudine. Loin d’être un ange, elle nous toise de son regard machiavélique, un couteau caché dans sa main. Derrière l’enfance et l’insouciance se cache ainsi la violence. L’artiste souhaite que l’on s’intéresse à ce qui se trouve au-delà des apparences. L’intensité de ce tableau renvoie aux inspirations du peintre passionné de musique punk rock, qu’il qualifie de "rebelle, avec une énergie destructrice", et son expérience des sous-cultures allemandes.

Taureau : Georgia O’Keeffe, Jimson Weed

Georgia O’Keeffe, "Jimson weed"<em>, </em>1936<em>.</em> (©<span class="GRkHZd w8qArf"> </span><span class="Eq0J8 LrzXr kno-fv">Musée d’art d’Indianapolis</span>)

Le Taureau est le signe le plus proche de la nature. Ce sont des personnes observatrices et sensuelles, attentives à ce qui les entoure, aux choses simples et à leur propre ressenti. Un peu comme les peintures de Georgia O’Keeffe. Considérée comme la mère du modernisme américain, l’artiste a laissé son empreinte dans l’histoire de l’art avec ses majestueuses peintures de fleurs. Pour son tableau Jimson Weed, elle s’est intéressée à l’éclosion de cette plante aux graines toxiques, qu’elle affectionnait tout particulièrement.

Son travail d’observation minutieux lui permet de retranscrire les couleurs et les contrastes avec une flamboyance tirant presque vers l’abstraction. Au travers de son œuvre, elle s’est donné pour mission de mettre en lumière la structure complexe des fleurs souvent négligées par le commun des mortel·le·s. "Quand on prend une fleur dans sa main et qu’on la regarde réellement, ça devient notre monde pour un instant. Je veux donner ce monde à quelqu’un d’autre. La plupart des gens de la ville se précipitent, ils n’ont pas le temps de regarder les fleurs. Je veux qu’ils les voient, qu’ils le veuillent ou non", expliquait-elle.

Gémeaux : Frida Kahlo, Les Deux Fridas

Frida Kahlo, "Les Deux Fridas", 1939. (© <span class="wd_p195">Musée d’art moderne de Mexico</span>)

C’est bien connu : les Gémeaux sont le signe de la gémellité, de la dualité. C’est leur curiosité qui les intéresse à tout et qui leur permet de s’adapter à toutes les situations. Les Gémeaux peuvent donc changer d’interlocuteur·rice·s, de sujets mais aussi d’humeur très vite. Pour ce tableau, nommé Les Deux Fridas, l’artiste se dédouble et s’adresse à une autre facette d’elle-même. Sur un fond sombre, orageux et menaçant, les deux projections aux personnalités distinctes se tiennent la main, en signe d’unité.

Peint en 1939, après son divorce avec Diego Rivera, Les Deux Fridas expose la peintre profondément blessée, dont le cœur écorché saigne sur sa robe de mariée. À droite, vêtue d’une robe traditionnelle mexicaine, Frida semble plus stable et forte. Avec son duvet labial plus prononcé, ses jambes occupant plus de place et son cœur intact, elle semble prête à affronter la situation et à soutenir l’autre. Dans son journal intime, l’artiste explique à ce sujet qu’elle s’est toujours inventé une amie imaginaire qui lui tenait compagnie et l’aidait à affronter ses problèmes.

Cancer : Baya, Femme robe jaune cheveux bleus

Baya,"Femme robe jaune cheveux bleus", 1947. (© NYU Grey Art Gallery/Collection Jules Maeght, San Francisco)

Le Cancer est un signe régi par la Lune. Comme elle, le Cancer dispose d’une nature changeante qui brille ou se fond dans l’obscurité, et relève parfois de l’énigme. À la manière de l’astre qu’on associe au monde des émotions, le signe est aussi très sensible et déborde d’imagination. Son esprit s’épanouit au travers ses propres créations. Il nous fait penser au travail de Baya, artiste algérienne louée par les artistes surréalistes français des années 1940.

Souvent exotisé, son travail a été qualifié par les hommes qui s’en sont inspirés (comme Matisse ou Picasso) d’enfantin ou de primitif. Mais celle qui ne voulait pas être définie par le surréalisme ou l’art brut a construit une signature qui lui est propre. Dans ses peintures, comme Femme robe jaune cheveux bleus, réalisée à seulement 16 ans, Baya met en scène des femmes pleines de vie, drapées de mystère. Leur apparence, loin d’être enfantine, est complexe et comporte nombre de signes et symboles, mais aussi d’influences de l’art traditionnel algérien.

Lion : Kerry James Marshall, De style

Kery Marshall James, "De Style"<em>, </em>1993. (© Los Angeles County Museum of Art)

Le Lion est le signe qui occupe l’espace et capte la lumière d’une pièce pour rayonner comme l’astre solaire qui le régit. À ce titre, ce signe nous rappelle le travail du peintre américain Kerry James Marshall. À travers son art, l’artiste souhaite offrir une place de choix aux sujets noirs trop longtemps ignorés dans l’histoire de la peinture occidentale, exclusivement réservée aux Blanc·he·s.

Dans De Style, Kerry James Marshall peint une scène de vie dans un barber shop, lieu de soin, d’échange et de rencontre privilégié des communautés noires américaines. Par ses dimensions et la stature de ses protagonistes au style et à l’attitude flamboyantes, il anoblit l’instant et le sujet, lui donnant la place qu’il mérite dans le monde de l’art. Le titre de l’œuvre est aussi une allusion à De Stijl, mouvement artistique des Pays-Bas qui cherchait à créer une harmonie nouvelle en esthétisant les objets du quotidien.

Vierge : Léon Spilliaert, Autoportrait à la lune

Léon Spilliaert, "Autoportrait à la lune", 1908. (© Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique)

Éternel anxieux, désespéré de ne pouvoir tout contrôler, le signe de la Vierge est envahi par l’angoisse, le spleen et les maux de ventre. Sombres et inquiétantes, les peintures de l’artiste belge Léon Spilliaert se font l’incarnation de cet état d’esprit pas très serein. Ses œuvres les plus marquantes sont sûrement ses autoportraits dans lesquels le peintre, tourmenté et malade, se révèle au plus profond.

Dans le troublant Autoportrait à la lune, réalisé en 1908, ce dernier s’immortalise en train de s’atteler à son art. Spilliaert y fixe son double, les yeux grands ouverts et cernés, le regard halluciné, ses cheveux dressés et ses mâchoires serrées. Dans un élan expressionniste, l’atmosphère qui imprègne l’œuvre est hallucinatoire, presque macabre. On ne sait si ce tableau illustre l’introspection de son auteur ou le cauchemar dans lequel il est plongé. La seule source de lumière qui intervient est une lune pâle et rouge qui semble toutefois menaçante.

Balance : Gustav Klimt, Le Baiser

Gustav Klimt, "Le Baiser", 1907-1908. (© Österreichische Galerie Belvedere)

Guidée par Vénus, la Balance est un signe plutôt romantique disposant d’un sens poussé de l’esthétisme. Détestant la solitude, ce signe se montre souvent très dévoué envers son entourage. Quand la Balance choisit un·e partenaire, elle a d’ailleurs tendance à se fondre dans le désir de l’autre. En ce sens, elle nous fait penser au célèbre Baiser de Gustav Klimt. Véritable hymne à l’amour picturale, l’œuvre immortalise l’étreinte touchante d’un couple.

L’affection des deux protagonistes s’inscrit au premier plan d’un fond doré dont l’éclat se reflète sur les vêtements des deux figures mais aussi sur le parterre de fleurs. L’or, symbole d’éternité et de puissance, transcende l’intensité et la singularité de leurs sentiments. Bien qu’il s’agisse de deux êtres distincts dont les contrastes sont exprimés par la différence des motifs sur les parures nuptiales, ils ne semblent faire qu’un grâce à la cohabitation harmonieuse des formes qui s’équilibrent parfaitement.

Scorpion : Hilma af Klint, The Ten Largest, No. 7

Hilma af Klint, "The Ten Largest, No. 7", 1907. (© Musée Solomon R. Guggenheim)

Le Scorpion est intuitif profondément connecté à l’invisible, voire à l’occulte. Ce signe est capable de sonder les âmes et de capter les énergies comme personne, un peu comme les œuvres de l’artiste suédoise Hilma af Klint. Autrice de peintures colorées et complètement détachées de références au monde physique, elle a su cultiver le mystère de son travail. Convaincue que ses toiles resteraient incomprises à son époque, elle a souhaité qu’elles ne soient révélées que vingt ans après sa mort.

L’art de Hilma af Klint est fortement ancré dans sa pratique du spiritualisme. Lors d’une séance en 1906, l’artiste affirme avoir communiqué avec un être supérieur qui lui aurait ordonné de peindre des œuvres qui auront vocation à être exposées dans un temple. Ce qu’elle appelle sa "grande commande" comportera une série de 193 travaux. Parmi ces derniers, on retrouvera une série particulière nommée The Ten Largest, des tableaux censés être accrochés ensemble. Entre formes organiques et réalisation fantastique, ces travaux représentent les différentes étapes de la vie, de l’enfance à la vie adulte, jusqu’à la vieillesse.

Sagittaire : Tamara de Lempicka, Tamara en Bugatti verte

Tamara de Lempicka, "Tamara en Bugatti verte", 1929.

Aventurier au goût du risque prononcé, le Sagittaire fait partie des signes les plus indépendants du zodiaque. Ce signe veut tout voir, tout vivre et tout ressentir. Il n’est pas du genre à s’enfermer dans le quotidien et la monotonie. L’autoportrait de l’artiste Tamara de Lempicka nous fait penser au Sagittaire. Commandée en 1925 par le magazine de mode allemand Die Dame pour figurer en couverture, la peinture célèbre l’indépendance de la femme.

Ce magnifique exemple de portrait "art déco" met en scène Tamara de Lempicka au volant d’une voiture de sport Bugatti, arborant un casque et des gants en cuir qui se mêlent dans un ensemble quasi monochrome. On retrouve la composition sculpturale propre à l’artiste qui fusionne inspirations cubistes et esthétiques plus traditionnelles. De la peinture se dégage un sentiment de puissance, d’élégance et d’indépendance qui font de cet autoportrait l’idéal de la femme moderne de l’entre-deux-guerres, tournée vers le futur et l’émancipation dans l’habitacle d’un véhicule rapide, technologique et urbain.

Capricorne : Jean-Michel Basquiat, Skull

Jean-Michel Basquiat, "Skull", 1981. (© The Broad, Los Angeles)

Le Capricorne, notre robuste chèvre à queue de poisson, n’est pas le signe le plus facile à appréhender. Cette boule d’émotions et de sensibilité se cache sous une carapace bien épaisse. Créature de l’hiver, le Capricorne est vigoureux, secret, pessimiste et légèrement cynique. Quelque part, ça nous fait penser au travail de Jean-Michel Basquiat, qui paraît à première vue brut mais qui est en réalité complexe et tellement riche en symboles qu’il est parfois difficile à déchiffrer.

Renommée Skull, cette œuvre de 1981 s’intitulait à l’origine Untitled. Sous l’apparence "simpliste" d’un crâne humain se cache un système très élaboré. Les perceptions intérieures et extérieures de la tête se mêlent avec d’un côté, une mâchoire décharnée et squelettique qui semble disséquée, et de l’autre, des organes sensoriels bien présents. Le regard est triste et abattu, comme si ce crâne était, malgré sa décomposition, condamné à vivre. On ne sait pas s’il s’agit d’un autoportrait mais on sait que Basquiat était obsédé par l’idée qu’il ne vivrait pas longtemps. Une obsession qui anime peut-être cette œuvre.

Verseau : Amy Sherald, First Lady Michelle Obama

Amy Sherald, "First Lady Michelle Obama", 2018. (© National Portrait Gallery)

Le Verseau est connu pour l’intérêt qu’il développe autour des causes qui servent le progrès de l’humanité. Visionnaire et ouvert d’esprit, ce signe est de celles et ceux qui n’hésitent pas à rompre avec la tradition. À ce titre, il nous fait penser au portrait de Michelle Obama réalisé par la peintre américaine Amy Sherald. Se distinguant des portraits présidentiels classiques, il communique davantage sur l’histoire et le contexte politique.

Pour son portrait, Michelle Obama portait une robe aux motifs géométriques qui renvoyaient à la tradition des courtepointes de Gee’s Bend, un groupe d’artisanes noires de l’Alabama. On retient aussi l’utilisation du gris pour la peau, marque de fabrique d’Amy Sherald et évocation par cette dernière de l’absence de représentation des Noir·e·s Américain·e·s dans la peinture occidentale.

Poisson : Marc Chagall, L’anniversaire

Marc Chagall, "L’anniversaire", 1915. (© MoMA)

"L’amour et le fantasme vont de pair", disait Chagall. Une philosophie qui va très bien au Poisson, ce signe rêveur qui a du mal à se confronter à la réalité et a tendance à idéaliser et fantasmer l’amour. Il y a de cela dans Birthday. Peinte en 1915, l’œuvre met en scène un couple dans leur intérieur typique de la province russe du tournant du XXe siècle. Le mari trouve que les fleurs qu’il offre à sa femme ne sont pas suffisantes pour lui prouver son amour. Il bondit alors dans les airs pour l’embrasser. Dans ce moment de passion et d’émotion, il semble l’entraîner avec lui dans les airs, comme dans un rêve.

Ainsi, les deux protagonistes semblent se défaire des lois de la physique. Loin des concepts de la gravité, ils flottent ensemble dans une bulle d’amour. Leurs corps sont tordus, courbés, bizarres mais loin d’être douloureux. Au contraire, la scène semble chaleureuse et tendre. La femme peinte par Chagall n’est autre que sa première femme Bella Rosenfeld qu’il a rencontrée à Saint-Pétersbourg en 1908 et qu’il a épousée quelques semaines après la création de Birthday. Le tableau fait partie des nombreux hommages qu’il rendra à leur histoire d’amour tout au long de sa vie.

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