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5 artistes qui défient les tabous autour de l’érotisme masculin

Publié le

par Donnia Ghezlane-Lala

L’ouvrage "Obsession masculin" explore les diverses représentations du corps masculin dans l’art.

5 artistes qui défient les tabous autour de l’érotisme masculin

© Pierre & Gilles ; © Cyril Tricaud

Le David, colossal et musclé, de Michel-Ange, les dessins homoérotiques de Tom of Finland ou encore les peintures d’hommes solitaires de Jean Claracq… L’histoire de l’art, au fil du temps, n’a cessé de remettre en question ses représentations du masculin.

La collection de Pierre Passebon regorge de témoignages de ces évolutions, parfois controversées, "[défie] les tabous entourant l’érotisme masculin" et "[invite] le [public] à réévaluer la notion d’identité masculine et les vues normatives du corps humain".

Achille (Staiv Gentis), 2011, photographie peinte, tirage pigment. (© Pierre et Gilles)

À l’occasion de l’ouvrage Obsession masculin aux éditions Flammarion et d’une vente aux enchères publique prévue le 22 mai prochain à La Salle (Paris), nous avons sélectionné cinq artistes de cette riche collection qui a fait du masculin son thème de prédilection.

Pierre et Gilles

"Nous avons le goût du mystique. Il est très difficile de séparer art et religion", disaient Pierre et Gilles dans L’Express. Le couple de plasticiens et photographes français cultive dans leurs œuvres un certain homoérotisme teinté d’iconographie religieuse. L’un à la photographie, l’autre à la peinture et aux cadres kitsch, les deux collaborent avec de grandes personnalités comme Dalí, Madonna, Étienne Daho ou Andy Warhol.

Vincent Rosenblatt

Rio Baile Funk #22, Clube Boqueirao, 2006, tirage argentique. (© Vincent Rosenblatt)

Vincent Rosenblatt est un photographe français expatrié au Brésil. Voilà maintenant vingt ans qu’il documente sur place la vie à Rio de Janeiro, ses carnavals, son art de la fête et sa culture underground. L’artiste a dédié plusieurs séries à la culture du funk carioca (ou baile funk) : un sous-genre de la musique électronique, né dans les favelas de Rio et dérivé du Miami bass.

Chaque semaine, des centaines de soirées baile funk, où se chantent des textes engagés, sociaux ou sexuels, sont organisées à Rio. Depuis 2005, Rosenblatt immortalise ces soirées enflammées réunissant des milliers de personnes, où les corps transpirent et se mêlent.

Darek Fortas

Portrait I (Miner After Work), Coal Story, tirage argentique. (© Darek Fortas)

Le photographe Darek Fortas est principalement connu pour sa série Coal Story dans laquelle il documente depuis onze ans la place des mineurs polonais dans la politique du pays. D’origine polonaise, Fortas explore l’histoire du Solidarność, une fédération de syndicats polonais fondée en 1980 qui s’est opposée au régime marxiste-léniniste de la République populaire de Pologne. Ses photos d’hommes au regard profond et au visage noirci de charbon restent à l’esprit.

Patrice Calmettes

C’est à seulement 20 ans que Patrice Calmettes a commencé sa carrière de photographe, pour Vogue et Interview – à la demande d’Andy Warhol lui-même. Baignant dans une vie de liesse et de paillettes, Patrice Calmettes photographie aussi bien les icônes de la nuit que les paysages d’Ibiza, comme l’expliquent les éditions Filigranes. Les bad boys occupent une grande place dans son œuvre, à l’instar de cette photo de l’acteur pornographique gay Peter Berlin dans les rues de Paris.

Peter Berlin dans les rues de Paris, tirage argentique. (© Patrice Calmettes)

Cyril Tricaud

Cyril Tricaud est un peintre français qui se représente souvent dans ses œuvres. Dépeignant tantôt des amant·e·s, tantôt des amis (dont l’artiste Jean Claracq fait partie), Tricaud s’inspire du monde et des couleurs qui l’entourent. Des dos, de l’amour, de la tendresse, des hommes se tenant par la taille, un peu de nudité : voilà quelques images sur lesquelles vous pouvez tomber en parcourant ses toiles.

Cyril Tricaud, Autoportrait en duo avec Jean Claracq, triptyque, huile sur toile.

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