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Danish Siddiqui, photographe de l’agence Reuters, tué en Afghanistan

Publié le

par Donnia Ghezlane-Lala

© Dibyangshu Sarkar/AFP

Danish Siddiqui a été tué alors il couvrait des combats entre les forces de sécurité afghanes et les talibans.

Danish Siddiqui, un photographe de Reuters lauréat du prix Pulitzer, a été tué vendredi 16 juillet en Afghanistan, où il couvrait des combats entre les forces de sécurité afghanes et les talibans à proximité d’un poste-frontière avec le Pakistan, a rapporté l’agence de presse.

Les forces de sécurité afghanes tentaient vendredi de reprendre la localité stratégique de Spin Boldak (sud), tombée mercredi aux mains des talibans, quand M. Siddiqui et un haut gradé afghan ont été tués par des tirs talibans, a indiqué à Reuters un commandant de l’armée afghane. M. Siddiqui, 38 ans, de nationalité indienne, accompagnait depuis le début de la semaine les forces de sécurité afghanes près de Kandahar, la grande ville du sud de l’Afghanistan.

"Nous cherchons de toute urgence plus d’informations et travaillons avec les autorités de la région", ont déclaré dans un communiqué le président, Michael Friedenberg, et la rédactrice en chef, Alessandra Galloni, de Reuters. "Danish était un journaliste exceptionnel, un mari et un père dévoué, et un collègue très apprécié. Nos pensées vont à sa famille en ces moments terribles", ont-ils ajouté.

Le photographe avait annoncé un peu plus tôt vendredi à Reuters avoir été blessé à un bras. Il était soigné et récupérait quand des combattants talibans qui faisaient retraite de Spin Boldak sont tombés sur le lieu où il se trouvait, selon le commandant cité par Reuters. L’agence a précisé ne pas être en mesure de vérifier indépendamment ces affirmations.

Danish Siddiqui faisait partie d’une équipe qui avait obtenu en 2018 le prix Pulitzer dans la catégorie "Photographie magazine", pour sa couverture de la crise des réfugié·e·s Rohingyas. Il travaillait depuis 2010 pour Reuters et avait couvert les guerres en Afghanistan et en Irak, la crise des Rohingyas, les manifestations à Hong Kong ou des tremblements de terre au Népal.

L’Afghanistan est depuis longtemps l’un des pays les plus dangereux au monde pour les journalistes. Dans le classement 2021 de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières (RSF), l’Afghanistan occupe la 122e place sur 180. Plusieurs journalistes ou employé·e·s de presse ont été tué·e·s dans des attaques ciblées depuis que Washington et les talibans ont conclu en février 2020 un accord ouvrant la voie au départ des troupes étrangères du pays.

Plusieurs présentateur·rice·s, reporters ou pigistes ont été abattu·e·s, souvent aux heures de pointe du trafic routier, à Kaboul ou dans d’autres villes, et des dizaines ont été menacées. Ces attaques ciblées ont été imputées aux talibans par les autorités, même si le groupe État islamique n’en a revendiqué que certaines.

En 2020, au moins sept journalistes et employé·e·s de médias ont été tué·e·s et 18 blessé·e·s en Afghanistan, selon le Comité pour la protection des journalistes afghans (AJSC). En mai, l’AJSC avait annoncé que près d’un millier de membres des médias avaient quitté ou perdu leur emploi dans les six mois précédents.

Édit du 20/07/2021 : le photographe de Reuters Danish Siddiqui a été inhumé à New Delhi, deux jours après avoir été tué en Afghanistan alors qu'il couvrait des combats entre les forces de sécurité afghanes et les talibans à proximité d'un poste-frontière avec le Pakistan.

Sa dépouille est arrivée dimanche soir par avion à New Delhi et son cercueil a été emmené à son domicile, à l'extérieur duquel des centaines de proches et de collègues s'étaient rassemblées. Un demi-millier de personnes ont ensuite assisté à d'ultimes prières à l'université Jamia Millia Islamia de New Delhi, où il avait fait ses études, selon un photographe de l'AFP.

Il a été inhumé dans la nuit dans le cimetière du campus. Les hommages se sont multipliés en Inde après l'annonce de son décès, avec notamment des veillées dans de nombreuses villes samedi 17 juillet. 

Avec AFP.

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