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Des lycéennes retouchées sur leur photo de classe à cause de leur décolleté

Publié le

par Ana Corderot

© Riley O’Keefe

Dénonçant une "violation du code vestimentaire", le lycée a effacé, sur près de 80 photos, tous les décolletés.

C’est une décision controversée qu’a pris le lycée Bartram Trail en Floride, au mois de mai dernier. Sans en informer les parents d’élèves, l’école a dissimulé, sur près de 80 photos de classe, tous les "décolletés" des adolescentes. Cette décision a choqué un bon nombre d’élèves qui se sont instantanément plaintes auprès du lycée, dénonçant une attitude lourdement sexiste et un manque de respect flagrant.

Arrivée jusqu’aux oreilles de Ben Ryan, journaliste d’Action News Jax, cette affaire est rapidement devenue virale, après qu’il a évoqué l’événement sur son compte Twitter. Selon le lycée, les photos du livre de fin d’année ont été jugées "inappropriées" puisqu’elles "violaient les règles du code vestimentaire" imposé. Au même moment, les images de garçons de l’équipe de natation et d’autres photos sportives n’ont, quant à elles, pas été modifiées.

"Il s’agit d’une photo du livre de fin d’année avant et après, dépeignant Riley O’Keefe, étudiante au lycée Bartram Trail. Elle dit qu’elle a été jugée inappropriée par l’école et photoshopée dans l’édition imprimée. Les parents et les élèves demandent maintenant un changement majeur."

"Elle n’est pas la seule. Nous avons regardé le livre de fin d’année et, après avoir parlé avec plusieurs parents et élèves, ils ont tous dit qu’au moins soixante photos, sinon plus, avaient été retouchées. Nous avons reçu l’autorisation d’utiliser ces photos."

L’hypersexualisation du corps des femmes

Profondément choquées, les étudiantes concernées ont demandé des excuses publiques et un dédommagement de la part de l’école, rétorquant que le prétexte du code vestimentaire n’est pas valable.

Sans retour du lycée, Riley O’Keefe – l’une des étudiantes du lycée – s’est alors prononcée à ce sujet, déclarant au journal Action News Jack que cet événement était l’exemple malheureux d’un des travers de notre société.

"Le pire, dans cet étrange scandale, c’est que cela montre une fois de plus que les stéréotypes de genre sont toujours présents. Ils ont regardé notre corps et ont pensé que voir un petit peu de peau était sexuel. Lorsqu’ils ont regardé les photos des garçons de l’équipe de natation… ils ont pensé que c’était bien et, ça, c’est vraiment pénible, voire bouleversant."

Une société qui, effectivement, continue d’hypersexualiser le corps des femmes, qui plus est celui des jeunes femmes. À un âge où l’on est en pleine construction de soi, insuffler l’idée qu’un bout de peau est sexuel envoie le message que ces corps ne sont pas acceptables et qu’ils devraient être camouflés.

C’est notamment ce qu’une internaute conteste, en proposant d’envisager le problème sous un autre angle et de se poser la question suivante : "Et si nous apprenions aux garçons et aux hommes à ne pas sexualiser le corps des femmes ?". C’est, en effet, ici que commence l’égalité entre les êtres humains.

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