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Des photos de Frida Kahlo au naturel sont exposées à Paris

Publié le

par Donnia Ghezlane-Lala

© Lucienne Bloch

Dans l’intimité d’une des plus grandes peintres du XXe siècle.

Un baiser passionné digne de figurer dans un grand film flamboyant : Frida Kahlo est saisie avec le peintre Diego Rivera par l’objectif de son amie Lucienne Bloch, dont les photographies sont exposées pour la première fois dans une galerie parisienne du Marais. Si tout semble avoir été dit sur la personnalité de l’artiste mexicaine (1907-1954), source d’inspiration des féministes et de fascination dans le milieu de l’art, la Galerie de l’Instant révèle sous un jour nouveau son séjour aux États-Unis dans les années 1930.

L’exposition à la Galerie de l’Instant attire des centaines de curieux·ses chaque fin de semaine, alors que les musées sont fermés et la culture au point mort en raison de la pandémie. La propriétaire, Julia Gragnon, avait découvert par hasard l’an dernier dans un salon de New York l’Autoportrait au collier, montrant la jeune Frida posant sous son autoportrait. "Je m’offre la photo et je la poste sur Instagram. La petite fille de la photographe, Lucienne Allen, me contacte ! Je ne l’ai plus lâchée jusqu’à ce qu’elle me dise : 'OK pour une exposition'", raconte-t-elle.

"Diego and Frida Caught Kissing", 1933. (© Lucienne Bloch/Galerie de l’Instant)

Américaine d’origine suisse, Lucienne Bloch, assistante de Diego Rivera et amie intime de Frida Kahlo, avait saisi des moments ordinaires d’une vie singulière : l’artiste faisant un clin d’œil, mangeant une glace, tenant dans ses bras un bébé. Sur la plupart des photos, son regard est pénétrant, sûr de lui.

Selon Julia Gragnon, ces 25 instantanés en noir et blanc constituent la première exposition consacrée à Lucienne Bloch dans le monde. La photo du couple révolutionnaire s’embrassant avec le visage de Frida Kahlo illuminé par la lumière venant de la fenêtre est l’un des clichés les plus en vedette. "Une dame dans le quartier est venue pendant huit jours. C’était un coup de cœur. Elle a fini par l’acheter", raconte la galeriste.

"Frida by the Cactus", 1932. (© Lucienne Bloch/Galerie de l’Instant)

La photographe a aussi immortalisé la peintre mexicaine posant devant le mur à moitié achevé que Diego Rivera avait commencé à peindre au Centre Rockefeller de New York. "Ça a fait un énorme scandale. Imaginez quand [le milliardaire] Rockefeller a vu Lénine, Trotski and co ! On peut supposer que ce n’était pas ce qu’il espérait et, en même temps, il a passé commande à Rivera. Peut-être qu’il ne s’attendait pas à ce qu’il soit si communiste", avance Mme Gragnon.

Frida Kahlo avait décidé très tôt de s’émanciper, de voyager, de goûter les plaisirs d’une vie libre. Elle épousera Rivera, rejoindra le Parti communiste, s’intéressera à l’émancipation des femmes dans la société mexicaine. À la Galerie de l’Instant, les femmes forment la majorité des visiteur·se·s : "Elles sont très sensibles à l’histoire de Kahlo", son œuvre d’artiste engagée, dont la vie a été marquée par les souffrances physiques, un mariage tumultueux et l’impossibilité d’avoir des enfants, détaille la galeriste.

De jeunes étudiant·e·s affluent aussi : "Ils la connaissent sans la connaître, l’ont vue sur des T-shirts, sur des tasses, mais pour eux, c’est une image, ils ne savent pas que c’est une personne qui a existé. […] Le week-end, c’est du délire, on est obligé·e·s de se mettre à la porte pour filtrer. On sent que les gens ont faim de culture" en ces temps de pandémie.

"Frida at the Border", 1932. (© Lucienne Bloch/Galerie de l’Instant)

"Frida Biting her Necklace", 1933. (© Lucienne Bloch/Galerie de l’Instant)

"Barbizon, Plaza Hotel", 1933. (© Lucienne Bloch/Galerie de l’Instant)

L’exposition "Le Regard d’une artiste, Frida Kahlo par Lucienne Bloch" est visible jusqu’au 31 mars 2021, à la Galerie de l’Instant, à Paris.

Konbini arts avec AFP.

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