© Finbarr O’Reilly pour la Fondation Carmignac

L’épidémie du Covid-19 en République démocratique du Congo au cœur du Prix Carmignac 2020

Le Prix Carmignac propose une série collaborative spéciale à laquelle participe son lauréat Finbarr O'Reilly.

Le Prix Carmignac soutient le photojournalisme depuis sa création, il y a onze ans, à la suite d’une crise de la presse. Depuis 2009, un jury international désigne annuellement un·e lauréat·e qui reçoit 50 000 euros pour réaliser un reportage de fond sur le terrain. Chaque année, un territoire différent est choisi. Pour 2020, il s’agit de la République démocratique du Congo.

Le photographe gallo-canadien Finbarr O’Reilly est l’heureux récipiendaire du prix de cette 11e édition. Au mois de janvier, il avait débuté son reportage photo dans ce pays du centre de l’Afrique, qui sortait à peine d’une des pires épidémies d’Ebola jamais connues, avec 3 453 cas et 2 273 décès.

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Des voisins et des employés de la Croix-Rouge en tenue de protection se préparent à enterrer une enfant de 11 mois victime de l’épidémie d’Ebola, à Rutshuru, province du Nord-Kivu, février 2020. (© Finbarr O’Reilly pour la Fondation Carmignac)

Une 11e édition dédoublée

Devant les bouleversements que commençaient à connaître le monde et la fermeture progressive de ses frontières, la fondation Carmignac et Finbarr O'Reilly ont décidé de rebondir et de modifier leur approche afin de "mieux couvrir la crise que nous connaissons", à savoir celle du Covid-19.

Le reportage du photographe n’est pas annulé mais simplement reporté. En attendant qu’il puisse se rendre en République démocratique du Congo pour poursuivre son reportage sur place, il a mis en place, avec le Prix Carmignac,  Congo in Conversation : un projet supplémentaire sous forme de "reportage collaboratif numérique réalisé en collaboration avec des journalistes et des photographes congolais ou basés au Congo".

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Les autorités congolaises ont fermé les écoles et les principales activités commerciales afin de renforcer la distanciation sociale dans un pays où une partie de la population n’avait pas pris la mesure du danger lors des débuts de l’épidémie. Scène de rue à Kinshasa, à la mi-mars 2020. (© Justin Makangara pour la Fondation Carmignac)

Diffusé sur le compte Instagram de la fondation et sur son site, le reportage présente "un flux inédit d’écrits, de reportages photos et de vidéos". La publication du contenu sera régulièrement mise à jour, afin de "découvrir comment la République démocratique du Congo endure cette nouvelle crise et s’adapte aux réalités qui façonnent désormais nos vies".

"Avec un réseau de journalistes et de contributeurs travaillant dans le respect de l’éthique et des standards journalistiques professionnels, le projet 'Congo in Conversation' du Prix Carmignac a pour vocation de documenter les atteintes aux droits humains et à l’environnement en offrant des analyses inédites, des instantanés de la vie et des luttes quotidiennes dans cet immense pays au moment où il affronte une crise sanitaire sans précédent."

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L’état d’urgence nationale a été déclaré le 24 mars dernier par le président Félix Tshisekedi, qui a également fermé les frontières du pays. La population est malheureusement habituée aux mesures de prévention contre les infections virales, tant elle subit les conséquences tragiques de la maladie à virus Ebola.

Des vendeurs et des clients au marché de Kituku, sur les rives du lac Kivu, à Goma, à l’Est de la République démocratique du Congo, avril 2020. De nombreux Congolais survivent grâce à l’argent qu’ils gagnent au jour le jour et ne peuvent se permettre de suivre les conseils sanitaires de distanciation sociale. (© Moses Sawasawa pour la Fondation Carmignac)

Un membre d’une équipe des premiers intervenants contre le Covid-19 porte un équipement de protection à l’entrée d’un bâtiment à Kinshasa, mi-mars 2020. Les intervenants restaient au pied des immeubles pour prévenir les habitants de respecter la distanciation sociale et de prendre la température de chaque personne entrant ou quittant l’immeuble – où résident environ 75 familles et bureaux. (© Justin Makangara pour la Fondation Carmignac)

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Des vendeuses au marché de Goma, à l’est de la République démocratique du Congo, 25 avril 2020.(© Ley Uwera pour la Fondation Carmignac)

Des employés funéraires de la Croix-Rouge et des proches endeuillés ensevelissent une enfant de 11 mois victime de l’épidémie d’Ebola, à Rutshuru, province du Nord-Kivu, février 2020. (© Finbarr O’Reilly pour la Fondation Carmignac)

Un employé funéraire de la Croix-Rouge montre comment mettre des gants de protection avant l’examen du corps d’une enfant de 11 mois victime de l’épidémie d’Ebola, à Rutshuru, province du Nord-Kivu, février 2020. (© Finbarr O’Reilly pour la Fondation Carmignac)

Par Lise Lanot, publié le 30/04/2020