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En images : après la mort tragique de George Floyd, les manifestations se poursuivent

Publié le

par Astrid Van Laer

© Shafik ; Julio Cortez

Le pays entier se soulève pour que justice soit faite et que triomphe l'égalité.

L’indignation, la peine et la colère restent intenses à Minneapolis. Des heurts ont opposé dans la nuit de mercredi à jeudi dernier la police de la ville à des manifestant·e·s qui protestaient pour la deuxième soirée consécutive contre la mort de George Floyd, cet homme noir décédé après son arrestation violente par des policiers blancs.

Ce week-end, ce sont des manifestant·e·s du pays tout entier qui se sont rassemblé·e·s pour réclamer justice et montrer leur colère face au racisme systémique et aux meurtres de personnes noires aux États-Unis, tuées à cause de leur couleur de peau. De la côte est à la côte ouest, des millions de citoyen·ne·s se sont massé·e·s pour affirmer leur peur face aux forces de l’ordre ou leur soutien pour celles et ceux qui subissent les sévices d’un tel racisme.

Les protestations se finissent parfois violemment. Rappelons qu’un journaliste noir de CNN s’est fait arrêter en direct, alors qu’il commentait simplement la situation, loin de la police. Il est conseillé aux manifestant·e·s de porter des masques, mais aussi de cacher leurs signes distinctifs pour éviter d’être reconnu·e·s et d’avoir des ennuis. Des recommandations bien difficiles à digérer en 2020.

La semaine dernière, le chef de la police de Minneapolis, cette ville du Minnesota située dans le nord des États-Unis, avait demandé aux manifestant·e·s de garder leur calme pour ne pas connaître de débordements, mais des échauffourées ont éclaté dans la nuit de mercredi à jeudi. Des manifestant·e·s ont mis le feu à un magasin de pièces automobiles et pillé une boutique à proximité du commissariat où travaillaient, avant leur licenciement mardi, les officiers accusés du meurtre de George Floyd.

La police a tiré des gaz lacrymogènes et formé une barricade humaine pour empêcher les manifestant·e·s de franchir une clôture entourant le commissariat. Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a incité mercredi soir sur Twitter les manifestant·e·s à quitter la zone, avertissant d'"une situation extrêmement dangereuse". Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a quant à lui demandé d’envisager de déployer la garde nationale.

"Ils ont commis un meurtre contre mon frère"

Alors qu’incendies et pillages se poursuivaient dans la nuit près du commissariat, un homme est décédé après avoir été touché par balle à proximité des manifestations, a annoncé la police qui a arrêté une personne. Des manifestations pacifiques se sont déroulées dans deux autres endroits de la ville, notamment sur le lieu où est mort George Floyd pour rendre hommage à cet Afro-Américain de 46 ans, décédé après une arrestation brutale, dont la vidéo est devenue virale.

Minneapolis, le 27 mai 2020. (© Reuters/Nicholas Pfosi TPX Images of the Day)

À Los Angeles, des manifestant·e·s ont bloqué brièvement une autoroute. Certain·e·s ont brisé les vitres de deux véhicules de la police en grimpant sur le capot et un manifestant a été blessé en tombant d’un des véhicules qui redémarrait. Dans tout le pays se multipliaient les appels à ce que justice soit faite. La famille de George Floyd a réclamé mercredi que les policiers impliqués soient inculpés de meurtre.

"Car c’est exactement ce qu’ils ont fait, ils ont commis un meurtre contre mon frère", a affirmé sur la chaîne NBC sa sœur, Bridgett Floyd. "J’ai la foi et je crois que justice sera rendue", a-t-elle ajouté, jugeant que leur renvoi n’était "pas suffisant". Les quatre policiers impliqués dans l’arrestation de M. Floyd ont été limogés mardi, mais laissés en liberté, alors qu’une enquête a été ouverte.

Le maire de Minneapolis s’est demandé mercredi "pourquoi l’homme qui a tué George Floyd [n’était] pas en prison". Le président Donald Trump a lui aussi réagi. Ce dernier a tweeté avoir demandé à la police fédérale (FBI) et au ministère de la Justice de faire la lumière sur cette disparition "triste et tragique", assurant : "Mes pensées vont à la famille et aux amis de George. Justice sera rendue !"

"Je ne peux pas respirer"

Filmée par une passante lundi, une vidéo de l’arrestation montre un policier plaquant George Floyd au sol, en gardant pendant de longues minutes son genou sur son cou. On y voit ce dernier geindre et répéter : "Je ne peux pas respirer."

Minneapolis, le 27 mai 2020. (© Dave Schwarz/St. Cloud Times-via USA Today Network)

Le policier, un Blanc, lui répond de rester calme. Un deuxième policier tient à distance les passant·e·s qui commencent à s’emporter alors que l’homme appréhendé ne bouge plus et semble inconscient. De nouvelles vidéos semblent écarter la thèse avancée par la police selon laquelle George Floyd, soupçonné d’avoir tenté d’écouler un faux billet de 20 dollars, aurait résisté à son interpellation.

Sur des images captées par les caméras du restaurant devant lequel il a été arrêté, il a les mains menottées dans le dos et n’oppose aucune résistance quand un policier le conduit vers une voiture de patrouille. Sans les images diffusées sur les réseaux sociaux, les policiers "auraient donné une fausse version des faits et ils auraient planqué ça sous le tapis", a dénoncé Benjamin Crump, avocat de la famille du défunt.

"Voilà pourquoi"

Minneapolis, le 27 mai 2020. (© Agustin Paullier/AFP)

De nombreuses personnalités ont dénoncé une violence injustifiée de la part des policiers à l’encontre des Noir·e·s. La sénatrice Kamala Harris, ancienne procureure de Californie, a fustigé "un acte de torture" et une "exécution publique" dans une société marquée par le racisme.

"C’est un rappel tragique que ce n’est pas un incident isolé, mais qui fait partie d’un cycle d’injustice systématique qui existe encore dans notre pays", a déclaré l’ancien vice-président américain et candidat démocrate à la présidentielle de novembre, Joe Biden.

L’affaire évoque selon lui la mort d’Eric Garner, un homme noir décédé en 2014 à New York après avoir été asphyxié lors de son arrestation par des policiers blancs. L’affaire avait contribué à l’émergence du mouvement Black Lives Matter. D’autres décès de Noir·e·s aux mains de la police avaient provoqué des émeutes dans le pays.

Le basketteur vedette LeBron James a publié sur Instagram une photo de l’ex-joueur de football américain Colin Kaepernick, agenouillé et une de George Floyd plaqué au sol sous le titre : "Voilà pourquoi", ajoutant : "Vous comprenez MAINTENANT ? Ou c’est toujours aussi confus pour vous ?" Pour protester contre les violences policières visant les Noir·e·s, Kaepernick avait lancé un boycott de l’hymne national, mettant un genou à terre quand il était joué avant les matches du championnat de football américain.

Minneapolis, le 27 mai 2020. (© Zach Boyden-Holmes via Imagn Content Services, LLC/Reuters)

Minneapolis, le 27 mai 2020. (© Zach Boyden/The Des Moines Registerl via USA TODAY NETWORK)

Minneapolis, le 27 mai 2020. (© Reuters/Eric Miller)

Minneapolis, le 27 mai 2020. (© Reuters/Nicholas Pfosi)

Minneapolis, le 27 mai 2020. (© Kerem Yucel/AFP)

Minneapolis, le 27 mai 2020. (© Stephen Maturen/Getty Images/AFP)

Konbini avec AFP. Article mis à jour par Lise Lanot le 1er juin 2020.

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