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Jay-Z a acheté des pubs dans des magazines pour honorer la mémoire de George Floyd

Publié le

par Donnia Ghezlane-Lala

© Kevork Djansezian/Getty Images

Occupant des pages entières de magazines américains, un discours de Martin Luther King est venu remplacer des publicités.

"How Long, No Long", c’est le nom du discours de Martin Luther King que Jay-Z a décidé de promouvoir dans plusieurs magazines américains, à la place des pages publicitaires habituelles. Alors que les manifestations se poursuivent aux États-Unis suite à la mort de George Floyd, Jay-Z et son label Roc Nation ont choisi la voix des médias pour honorer la mémoire de cet homme noir, étouffé sous le poids d’un policier blanc dans le Minnesota, le 25 mai dernier.

Ce discours poignant, Luther King l’a donné en 1965 à Selma, en Alabama, sur les marches du Capitole de l’État, après avoir marché depuis Montgomery. Il avait 36 ans quand il a fait cette allocution incitant à la lutte pour le mouvement des droits civiques et à l’union ; soit trois ans avant son assassinat. 

"La seule manière d’atteindre la liberté est de se débarrasser de la peur de la mort. Si un homme n’a pas trouvé de combat pour lequel il pourrait mourir, il n’est pas fait pour vivre. Au cœur de nos valeurs non-violentes, il y a la conviction – qu’il y a des choses qui nous sont si chères, des choses qui nous sont si précieuses, des choses qui nous sont si absolues, qu’elles méritent que nous mourions pour elles. […]

Un homme meurt dès qu’il refuse de se lever pour des causes bonnes. Un homme meurt dès qu’il refuse de lutter pour la justice. Un homme meurt dès qu’il refuse de s’engager dans une cause véritable. Donc nous resterons debout face à leurs chevaux. Nous resterons debout juste là, face à leurs matraques. Nous resterons debout ici, face à leurs chiens policiers, s’ils sont là. Nous resterons debout face à leur gaz lacrymogène ! Nous resterons debout face à tout ce qu’ils peuvent rassembler, pour dire au monde que nous sommes déterminés à être libres !", avons-nous traduit. 

La page est signée par des familles de victimes de violences raciales (les parents de Botham Jean, DJ Henry et Antwon Rose II) et des associations de lutte contre le racisme (incluant l’Innocence Project, dont nous vous parlions en 2017). Ce discours est d’abord apparu le 2 juin dans les pages du New York Times, Los Angeles Times, Chicago Tribune, Philadelphia Enquirer, Atlanta Journal-Constitution et du Denver Post. Puis le 3 juin, il a recouvert les pages du Boston Globe, Sacramento Bee et du Miami Herald.

À l’instar des carrés noirs du "#BlackOutTuesday" qui ont plongé Instagram dans le noir, la campagne menée par Jay-Z aura également le mérite de suspendre, le temps d’une page, notre lecture, comme une minute de silence. Et si vous cherchez à vous informer et à soutenir le mouvement "Black Lives Matter", vous pouvez trouver une liste d’associations, de dons et de pétitions ici

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