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Le photojournalisme du monde entier exposé un mois gratuitement avec Visa pour l’image

Publié le

par Lise Lanot

© Raymond Roig/AFP

La 33e édition d’un des plus grands festivals de photojournalisme du monde ouvre ses portes demain.

Crise sanitaire, tragédies migratoires ou fragilité de la planète : le festival international de photojournalisme Visa pour l’image expose à partir de samedi 28 août à Perpignan le travail de celles et ceux qui, malgré les difficultés du métier, ont toujours la même soif d’être "témoins du monde".

Cette 33e édition d’un des plus importants évènements consacrés au photojournalisme dans le monde comporte une double particularité : parmi les quatre nominé·e·s au Visa d’or News, l’un·e expose de façon anonyme son travail sur les évènements en Birmanie, et un autre est décédé dans l’exercice de son métier.

Accrochage des photos de l’exposition "Photographe anonyme en Birmanie pour The New York Times". (© Raymond Roig/AFP)

Pour le premier, "il s’agit d’un choix lié à des raisons évidentes de sécurité" dans un pays en plein chaos, explique à l’AFP le directeur du festival Jean-François Leroy. Le photographe indien de l’agence Reuters Danish Siddiqui, sélectionné à Visa pour "la qualité de sa couverture de la crise du Covid-19 à New Delhi", a lui été tué en juillet dernier alors qu’il couvrait les combats entre talibans et forces afghanes.

On retrouve à leurs côtés Erin Schaff pour son travail sur l’invasion du Capitole en janvier 2021 (pour le New York Times) et Angelos Tzortzinis avec "Les derniers jours du camp de Moria" (pour l’AFP).

Accrochage des photos de l’exposition "Les derniers jours du camp de Moria" d’Angelos Tzortzinis. (© Raymond Roig/AFP)

Une deuxième exposition, réunissant cinq photographes, est consacrée à la crise sanitaire dans différents camps de réfugiés à travers le monde, indique Jean-François Leroy, pointant un "sujet qui reste très fort dans l’actualité".

"Montrer au monde"

Pour le reste des expositions, "notre fil conducteur est, comme tous les ans, l’actualité de l’année écoulée, avec son lot de sujets étonnants, surprenants et émouvants, mais aussi des thèmes qu’on traite de plus en plus en projection" : un format parfois plus adapté à certains sujets, estime-t-il.

C’est le cas de l’Afghanistan où "malheureusement les choses bougent très vite […] et les projections nous permettent de les mettre à jour jusqu’au dernier moment", précise Jean-François Leroy.

En 2020, ces projections nocturnes, parties intégrantes de l’ADN de Visa pour l’image, avaient été annulées pour des raisons sanitaires, mais le festival avait été l’un des seuls de cette ampleur à se maintenir en France, malgré la crise.

Accrochage des photos de l’exposition "The Ameriguns" de Gabriele Galimberti.<br>(© Raymond Roig/AFP)

Moins présents dans les médias, d’autres conflits continuent en silence de faire des ravages en Afrique ou au Moyen-Orient, souvent sur des terrains difficiles d’accès aux journalistes.

Les photos de l’Argentin Eduardo Soteras pour l’AFP et l’Egypto-Canadienne Nariman el-Mofty pour AP permettent de "montrer au monde" la souffrance des personnes civiles, victimes du conflit qui déchire la région du Tigré, en Éthiopie.

Visa pour l’image, c’est aussi un hommage à la fascinante et tout aussi fragile faune sauvage soumise au changement climatique. "Une rétrospective est consacrée cette année au Français Vincent Munier, l’un des plus grands photographes animaliers du monde", et une autre exposition embarquera le public dans les profondeurs marines des baleines avec l’Américain Brian Skerry, souligne Jean-François Leroy.

Accrochage des photos de l’exposition "Le Secret des baleines" de Bryan Skerry.<br>(© Raymond Roig/AFP)

La jeune génération de photographes syrien·ne·s à l’honneur

Autre coup de projecteur cette année, à l’occasion des dix ans de la guerre en Syrie : une exposition mettant à l’honneur toute une génération de jeunes photographes syrien·ne·s, qui n’avaient souvent aucun lien avec le journalisme et ont documenté le conflit au péril de leur vie.

Le directeur historique du festival se dit d’ailleurs "très remonté" d’entendre des slogans clamant la "liberté" dans les manifestations contre le pass sanitaire en France. "Cette année, ça tombe très mal quand même : qu’ils aillent voir en Syrie, en Afghanistan, en Birmanie… Ils verront bien ce que c’est la privation de libertés", dit Jean-François Leroy, estimant "hallucinant que certains aient à ce point perdu la signification des mots".

"Et l’agressivité croissante à l’égard des journalistes, qui ont dû parfois être entourés de gardes du corps pour faire leur métier dans un pays comme la France, c’est terrible", poursuit-il.

Pourtant, malgré toutes les difficultés liées à ce métier, dont une précarité grandissante, "les jeunes sont toujours aussi nombreux à vouloir s’y consacrer, portés par l’envie profonde de témoigner du monde dans lequel ils vivent. C’est rassurant pour l’avenir je trouve", se félicite Jean-François Leroy.

Accrochage des photos de l’exposition "Les derniers jours du camp de Moria" d’Angelos Tzortzinis. (© Raymond Roig/AFP)

Le festival Visa pour l’image accueille le public à Perpignan du 26 août au 26 septembre 2021.

Avec AFP.

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