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Les photos glaçantes de l’opération Crossroads, un essai nucléaire catastrophique de 1946

Publié le

par Tomas Statius

De nouveaux clichés permettent de visualiser l’horreur. Et l’ampleur de la chose.

Juillet 1946. L’atoll de Bikini dans les îles Marshall. Après le choc de la Seconde Guerre mondiale, l’humanité s’apprête à connaître une autre catastrophe nucléaire : l’opération Crossroads. Théâtre de la supériorité technologique américaine et de la première batterie de tests de 1945 (répondant au doux nom de "Trinity"), le gouvernement de Harry S. Truman avait décidé de conduire une série de tests dans l’atoll de Bikini, appartenant aux îles Marshall.

L’opération du nom de Crossroads, évidemment secrète, mobilise de nombreux scientifiques de l’armée américaine. Deux bombes à la puissance de 23 kilotonnes de TNT. Une détonation à 160 mètres de hauteur le 1er juillet 1946, l’autre sous-marine le 25.

On n’eut pendant longtemps peu de clichés précis pour voir ce qui fut considéré depuis comme l’une des premières catastrophes majeures de l’ère nucléaire par les répercussions qu’elle a, jusqu’à aujourd’hui, sur la vie et l’habitat des populations locales. Jusqu’à ce que certains clichés réapparaissent. Et, d’après les expert·e·s, pas de doute à avoir : les images concordent avec celles qu’on possédait déjà. Seule la qualité diffère.

Repris par de nombreux médias, ces clichés en haute résolution de la catastrophe de Crossroads permettent de conceptualiser la chose. Un mur d’eau (on estime que l’explosion a projeté plus de deux millions de tonnes d’eau dans les airs), de fumée et de sable, une cheminée émanant de la mer pour pousser jusqu’à 1,8 kilomètre de haut, pour une largeur de 610 mètres et une épaisseur de plus de 90 mètres. La puissance de l’explosion balaie tout sur son passage, jusqu’à un navire qui passait non loin, visible sur la droite de l’image ci-dessus, ombre noire dans un océan de gris.

La raison de l’existence de ces clichés réside dans le caractère propre de ces tests. Contrairement à ce qui s’était fait jusque-là, l’une des deux détonations, "Baker", a été sous-marine, à 27 mètres de profondeur. Ainsi, l’explosion n’aveugla en aucun cas les appareils photo et les caméras qui ont pu capturer l’horreur.

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