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Pour attirer les instagrameurs, cette ville chinoise a été fabriquée de toutes pièces

Publié le

par Anna Finot

© 远方雪的世界/Weibo

Xianpu se met en scène pour offrir l’un des meilleurs spots à photographier en Chine.

Si vous surfez sur le réseau social chinois Weibo en cherchant les paysages à couper le souffle les plus populaires, vous tomberez sûrement sur ceux de Xianpu. Les photos de ses décors idylliques ont provoqué un boom du tourisme dans cette localité rurale de Chine. Le gros problème ? Rien de tout cela n’existe et la ville a été entièrement fabriquée pour vendre du rêve.

Cette localité du sud de la Chine s’est spécialisée dans la création de contenus photo "parfaits" pour ses visiteur·se·s désireux·ses de repartir avec la plus belle des images. Paysages pittoresques, ambiance bucolique, vêtements traditionnels : tout est là pour que la ville de Xianpu donne l’impression de s’être perdue dans le temps, coincée dans la Chine d’autrefois. Mais cette contrée "rurale" n’est en fait qu’une mise en scène digne du Truman Show.

Selon Petapixel, les agriculteur·rice·s et pêcheur·se·s sont en fait des acteur·rice·s jouant des scènes pittoresques sur commande. Pour rendre l’illusion parfaite, les propriétaires des attractions locales dirigent ces comédien·ne·s à l’aide de talkies-walkies, en lien direct avec les photographes. La légère brume nécessaire pour rendre idylliques ces scènes d’action est, elle aussi, minutieusement mise au point en coulisses. De quoi se croire dans un film de Miyazaki…

Autrefois célèbre pour ses fruits de mer et ses restaurants, la ville de Xianpu a souffert pendant des années de mauvaises récoltes qui ont provoqué un déclin de son économie. Désormais connue pour ses "séances de photos parfaites", la ville fait aujourd’hui reposer son business sur ces images. Car rien n’est gratuit.

Les représentations sont en effet facturées un certain prix, qui augmente en fonction du nombre d’acteur·rice·s mobilisé·e·s ou d’effets spéciaux employés. Cette fausse communauté rurale attire plus de 500 visiteur·se·s par jour, payant chacun·e trois dollars pour photographier de faux·sses habitant·e·s en train d’agiter des filets de pêche vêtus d’habits traditionnels. Voilà qui illustre parfaitement le fameux "Instagram vs reality".

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