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Un photographe signe un livre touchant sur l’enfance de sa fille

Publié le

par Donnia Ghezlane-Lala

© Christopher Anderson

Une lettre d’amour de Christopher Anderson à sa fille Pia, pour figer le temps sur papier glacé.

Pia, c’est le prénom du deuxième enfant de Christopher Anderson, et aussi le titre de son dernier ouvrage publié aux éditions Stanley/Barker. Le photographe canadien documente la vie de sa fille depuis 2014, de ses 2 ans à ses 8 ans, comme une manière de figer ce moment de sa vie, "voler quelques instants en suspens et les enfermer dans une boîte" pour qu’elle puisse redécouvrir sa vie d’enfant, à l’âge adulte.

"Chère Pia, ces images que je prends de toi peuvent te sembler naturelles. Je t’ai probablement photographiée tous les jours de ta vie où j’étais à tes côtés. Il y a trop de jours qui m’ont tenu loin de toi, à cause des voyages et du travail. Mais, soyons francs, nous avons plus discuté de brossage de dents que de création photographique. […] Je te remercie de m’avoir aidé à arrêter le temps, de m’avoir donné ces morceaux de bonheur que je conserve en moi pour les jours où j’en ai besoin. Peut-être m’aideront-ils à me souvenir de toi. Que tout cela s’est passé, aussi vite. Et voici la preuve.

Tu ne te souviendras probablement pas d’aujourd’hui. Tu sautes sur le lit, derrière moi, en ce moment même. Je pourrais me retourner et te dire ces mots, mais si je les dis à haute voix, ils vont disparaître comme des bulles de savon, comme tous les autres moments similaires à ce matin", adresse le photographe à sa fille, dans une lettre épilogue.

"Pia". (© Christopher Anderson)

Connu pour ses reportages en zones de guerre, Christopher Anderson livre un ouvrage très personnel et intime, aux antipodes de sa pratique habituelle de la photographie, certes, mais qui est une suite logique à Son, une série consacrée à l’enfance de son fils Atlas, né en 2008. Dans Pia, nous voyons la petite Anderson évoluer sous une lumière naturelle chatoyante, aux côtés de son grand frère, de sa mère Marion et son chien Echo.

"C’est un acte naturel, pour un jeune père, d’essayer d’arrêter le temps et ne pas laisser l’expérience filer. En tant que photographe, [Christopher Anderson] n’avait jamais photographié sa vie personnelle. Et il n’avait pas conscience que ces images pourraient faire partie de son 'travail'. Elles étaient à part, par rapport à ce qu’il considérait comme son travail photographique. C’est après deux années passées à la photographier qu’il a pris conscience que ces photos étaient, en réalité, l’œuvre de sa vie et que tout ce qu’il avait fait jusque-là n’était qu’une préparation pour celles-ci", détaille la maison d’édition.

"Pia". (© Christopher Anderson)

L’intention était la même que pour Son : au-delà d’un hommage solaire et candide à sa fille, Anderson propose ici une incursion intime dans sa vie familiale, en fond de laquelle se déploient les événements politiques du monde qui les entoure. Son suivait les premières années de son fils dans l’Amérique post-11-Septembre et post-crise financière de 2008, tandis que Pia fige la période Donald Trump et pandémie mondiale. Beaucoup de photos sont d’ailleurs prises en intérieur, durant le confinement.

"Les photos dressent non seulement le portrait d’une relation père-fille, mais aussi celle d’un photographe avec son sujet, puisque Pia prend le contrôle de son personnage. Le passage du temps se manifeste avec mélancolie, mais il est aussi une déclaration d’espoir, traversant chaque image", conclut Christopher Anderson.

"Pia". (© Christopher Anderson)

"Pia". (© Christopher Anderson)

"Pia". (© Christopher Anderson)

"Pia". (© Christopher Anderson)

"Pia". (© Christopher Anderson)

"Pia". (© Christopher Anderson)

"Pia". (© Christopher Anderson)

"Pia". (© Christopher Anderson)

La couverture du livre "Pia", de Christopher Anderson, publié aux éditions Stanley/Barker.

Pia, de Christopher Anderson, est disponible aux éditions Stanley/Barker.

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