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Une modèle porteuse de trisomie 21 brille en couv' du magazine Allure

Publié le

par Lise Lanot

© Vicki King/Allure

Après sa campagne Gucci, Ellie Goldstein continue son ascension dans le milieu de la mode.

La dernière édition numérique du magazine Allure est dédiée à "la beauté de l’accessibilité". La publication met en avant les récits d’individus porteurs de handicap, allant d’un billet concernant des manucures quand on a une malformation des doigts à un article sur les produits conseillés aux personnes ayant un bras paralysé ou manquant. La couverture de cette série présente en couverture Ellie Goldstein, jeune mannequin de 18 ans atteinte de trisomie 21.

La jeune Britannique n’en est pas à son coup d’essai. Elle a intégré à 15 ans Zebedee Management, une agence de mannequinat dédiée aux personnes porteuses de handicap, et avait fait sensation en devenant égérie pour une campagne Gucci l’été dernier, avant de faire la couverture numérique du Glamour britannique de septembre 2020.

© Vicki King pour "Allure"

Cette une constitue une nouvelle étape pour celle qui œuvre à une meilleure et plus grande représentation des personnes porteuses de handicap :

"Je suis devenue inspirante pour les autres grâce à mon handicap. Mon conseil est de toujours rester soi-même et ne jamais abandonner ses espoirs et ses rêves. Je ne suis jamais énervée ou triste. Je suis toujours heureuse, lumineuse et pétillante – et un peu effrontée [rires]. Je suis unique en mon genre. Et j’ai marqué l’histoire", se réjouit la jeune femme auprès de la journaliste Dianna Mazzone.

Photographiée par Vicki King, Ellie Goldstein apparaît en gros plan, les yeux maquillés de bleu clair et un énorme nœud dans les cheveux. Elle fixe l’objectif avec sérénité et assurance, marquant peut-être sa conscience de participer au progrès de l’inclusivité.

© Vicki King pour "Allure"

Ellie Goldstein désire "être visible dans le monde entier d’ici dix ans", ouvrant le chemin à toujours plus de modèles porteur·se·s de handicap. Cela passe par l’existence d’agences telle que la sienne, Zebedee, qui s’assurent que toutes les mesures nécessaires soient mises à disposition lors des shootings (qu’il s’agisse d’un·e interprète en langue des signes ou d’une rampe pour fauteuils roulants) et présentent des modèles à qui on ne laisse pas de place dans les agences dites "traditionnelles". Sue Moore, à la tête de Zebedee Management, l’affirme : "Le vent est en train de tourner."

Une volonté d’inclusivité grandissante

Sue Moore précise que les "grandes victoires" de son agence ne représentent que des "petits jobs" pour d’autres agences, "des shootings pour de la vente en ligne par exemple". Cependant, les grandes publications et marques sont de plus en plus nombreuses à saisir l’importance de représenter le plus de personnes possible, entre volonté marketing et éthique.

© Vicki King pour "Allure"

Allure fait particulièrement état de ces résolutions. En août 2015, la publication suscitait un tollé à cause de la photo d’une mannequin blanche arborant une coupe afro à l’intérieur de ses pages. Nombre de lectrices avaient alors déploré le fait que la publication (comme la plupart de ses semblables) s’adressait toujours aux mêmes personnes, avec le même type de mannequins. Deux mois plus tard, la journaliste Michelle Lee arrivait à la tête du magazine et affirmait sa volonté de faire preuve de davantage de diversité.

Depuis, Allure semble veiller à diversifier les visages et les histoires mises en avant. Le magazine était par exemple l’un des premiers à mettre en couverture la mannequin Halima Aden, qui porte le hijab, à l’occasion d’un numéro sur "la beauté américaine". Trois ans avant la série spéciale sur "la beauté de l’inclusivité" sortait une édition consacrée à "la beauté de la diversité". Le chemin est sûrement encore long avant qu’une couverture présentant une personne porteuse de handicap ne constitue pas une exception, mais il est certainement entamé.

© Vicki King pour "Allure" 

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