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Marseille veut ouvrir son port aux migrants secourus à bord du navire affrété par Banksy

Publié le

par Astrid Van Laer

© Thomas Lohnes/AFP

"Nous ne laisserons pas 219 personnes entre la vie et la mort en Méditerranée."

"Des gens meurent en Méditerranée. Il est temps de les sauver", a plaidé la nouvelle maire de Marseille, Michèle Rubirola, après plusieurs jours de silence politique face à la situation du navire humanitaire Louise Michel en Méditerranée.

Le bateau, affrété par l’artiste Banksy, avait indiqué qu’il recherchait "un port maritime sûr pour débarquer les passagers ou les transférer sur un navire des gardes-côtes européens", précisant : "Un équipage de dix personnes est à bord, ainsi que 219 survivants sur un bateau de trente mètres de long. 33 personnes sont toujours sur un canot de sauvetage et il y a une personne décédée dans un sac mortuaire."

Et deux navires sont finalement venus leur porter secours : un bateau de l’ONG allemande Sea-Watch affrété par Médecins sans frontières, ainsi que le navire Mare Ionio, envoyé par le collectif italien de gauche Mediterranea.

"Marseille, ville d’accueil et solidaire, ouvrira son port"

L’ONG SOS Méditerranée s’est dite soulagée qu’ils "aient pu porter assistance au Louise Michel", ajoutant : "Un lieu sûr de débarquement doit maintenant être attribué à plus de 350 rescapés sur le Sea-Watch 4 et 27 autres personnes secourues par le Maersk Etienne depuis plus de trois semaines."

Samedi, l’édile marseillaise a pris la parole en postant le message suivant sur Twitter : "Des gens meurent en Méditerranée. Il est temps de les sauver. Je demande à Emmanuel Macron de nous accompagner et à l’État de prendre ses responsabilités." Et de poursuivre en promettant : "Marseille, ville d’accueil et solidaire, ouvrira son port."

L’adjoint à la mairie de la cité phocéenne, Benoît Payan, avait également déclaré : "Nous ne laisserons pas 219 personnes entre la vie et la mort en Méditerranée. L’histoire de Marseille, c’est tout le contraire. Nous ouvrons notre port si [le Louise Michel] en fait la demande. L’Europe et la France s’honoreraient à les secourir."

Les États doivent se prononcer

Toutefois, Fabienne Lassalle, directrice adjointe de SOS Méditerranée, a rappelé dans La Provence qu'"en réalité, seul un État, à travers son autorité maritime nationale, a le pouvoir de désigner l’une de ses villes comme port d’accueil, et Marseille est très éloignée des deux navires, bien plus que l’Italie, et ce ne serait sans doute pas la meilleure des solutions de repli pour eux".

Pour l’heure, Gabriel Attal a pris la parole sur LCI hier soir, réagissant aux propos du leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon qui demandait à ce "qu’on les accueille et vite" : "Évidemment on va, avec les autres pays européens, avec nos voisins, répondre à cette situation."

"On prend notre part avec nos voisins européens pour accueillir les personnes qui sont en détresse", a poursuivi le porte-parole du gouvernement, avant de conclure, plus vague : "Je ne sais pas où est ce bateau, parce que la règle qui a été fixée c’est qu’il est accueilli dans le port sûr le plus proche et qu’à partir de là, les personnes secourues par ce bateau sont prises en charge par différents pays européens."

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